Dilemmes chez les pharmaceutiques : GlaxoSmithKline (GSK) et le marché des vaccins

Centre de cas HEC Montréal
Ce cas traite de positionnement stratégique à travers les dilemmes auxquels les gestionnaires de GlaxoSmithKline (GSK), deuxième plus grande société pharmaceutique au monde, doivent face au début des années 2000 afin de maintenir la position avantageuse de l’entreprise au cœur de l’industrie du médicament. La protection des brevets de plusieurs des produits du géant arrive à échéance, les investissements massifs dans les activités de recherche et développement sont remis en question et une nouvelle stratégie est proposée axée sur l’acquisition de compétiteurs.
Boutique evalorix
Vous pourrez trouver une version PDF de cette étude de cas ainsi que les notes de cours pédagogique qui l’accompagnent à cette adresse de la boutique evalorix

Entre 2004 et 2006, le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) fait du surplace. Plusieurs médicaments vedettes (blockbusters), ces molécules les plus payantes, viennent tout juste de perdre l’exclusivité de marché que leur octroyait la protection des brevets. Ils doivent maintenant composer avec la concurrence des médicaments génériques. Les molécules nouvellement mises en marché tardent à procurer des dividendes et, bien que prometteuses, les molécules présentement en développement n’ont pas encore été confrontées au test du marché. 1

Bref, GSK anticipe une baisse de son chiffre d’affaires dans ses champs thérapeutiques traditionnels. Elle doit exploiter de nouveaux créneaux pour soutenir sa croissance, et le domaine du vaccin s’avère des plus intéressants.

La question est de savoir si elle doit s’attaquer à ce nouveau créneau en mettant au point elle-même ses nouveaux vaccins ou en se tournant vers une acquisition.

La première stratégie apparaît des plus intéressantes, du fait que GSK possède déjà une expertise, grâce à sa filiale GSK Biologicals, qui œuvre dans le domaine du vaccin depuis plus de 50 ans. Si elle doit se tourner vers une acquisition, il lui serait possible d’acheter ID Biomedical (IDB) par le biais de sa filiale GSK. IDB a développé une gamme de produits et a récemment investi des sommes considérables en technologie de pointe. Cette technologie et les revenus potentiels que la gamme de nouveaux produits génèrera ne sont pas sans intéresser GSK. Une telle transaction lui permettrait de devenir le leader mondial de l’industrie du vaccin.

La pharmaceutique devrait-elle accorder une plus grande place à ses activités de recherche et de développement (R-D) dans le domaine de l’immunologie et du vaccin ou devenir propriétaire d’ID Biomedical, avec les avantages et les risques que comporte une telle acquisition? Voici donc en quoi pouvait consister, en 2004-2005, le dilemme stratégique de GSK, selon les données et les opinions de spécialistes du domaine.

L’industrie du médicament se porte-t-elle si bien?

La situation au Canada

En 2004-2005, les affaires vont plutôt bien dans le secteur pharmaceutique. La demande mondiale de médicaments s’accroît de façon considérable depuis quelques années, et le Canada n’est pas en reste, puisqu’il occupe 2,9 % du marché mondial des produits d’ordonnance. En 20042, le rapport Dépenses en médicaments au Canada a clairement fait état de l’évolution des dépenses consacrées aux médicaments de 1985 à 2005 et démontré que cette évolution à la hausse est essentiellement liée, d’une part, à l’augmentation du nombre et du volume de médicaments disponibles utilisés et, d’autre part, à l’emploi de nouveaux médicaments beaucoup plus coûteux3.

Dans ce rapport, les médicaments d’ordonnance représentaient de loin la plus grande proportion des dépenses de médicaments au Canada. En 2005, les dépenses de médicaments prescrits avaient atteint 20,6 milliards de dollars, soit un peu plus de 83 % des dépenses totales en médicaments, ce qui représente une augmentation de 11,5 % par rapport à l’année précédente. Cette même année, les dépenses liées aux médicaments en vente libre augmentaient de 8,9 % pour atteindre 4,2 milliards de dollars. C’est ainsi que les médicaments accaparaient environ 17,5 % des dépenses totales de santé en 2005, soit près du double de celles de 1985 qui se situaient à 9,5 % du total des dépenses en santé.

Néanmoins, le principal facteur de croissance du prix des médicaments au Canada, au cours de ces années, aura été le recours rapide à de nouveaux médicaments brevetés, souvent plus chers.

Les changements démographiques se répercutent aussi sur la quantité de médicaments consommés par la population. La population du Canada vieillit et les personnes âgées consomment en général plus de médicaments que les autres groupes d’âge. À l’heure actuelle, environ 12 % de la population est âgée de 65 ans ou plus. On s’attend à ce qu’en 2016, les personnes âgées représentent 16 % de la population; en 2041, ce pourcentage se situera entre 22 et 25 % de la population.

Des changements dans l’état de santé de la population s’opèrent aussi. On a constaté l’émergence de nouvelles maladies. D’anciennes maladies sont maintenant traitées plus efficacement. Des traitements médicamenteux pour pallier l’augmentation de la prévalence des maladies cardiovasculaires, gastro‑intestinales et respiratoires accroissent l’utilisation des médicaments. Enfin, la surconsommation de médicaments a un impact sur les coûts de notre système de santé. Les secteurs public et privé s’en ressentent déjà.

La mission de pharmaceutiques comme GlaxoSmithKline s’avère donc des plus actuelles. Elle consiste à « améliorer la qualité de la vie en aidant chacun à être plus actif, à se sentir mieux et à vivre plus longtemps ». Les principaux champs thérapeutiques de GSK sont les maladies respiratoires, les maladies du système nerveux central, les maladies infectieuses, les maladies gastro-intestinales et les troubles du métabolisme. Dans son rapport annuel 2004, GlaxoSmithKline rappelle que les valeurs fondamentales de l’entreprise sont depuis toujours l’innovation, le rendement, l’intégrité, la passion et le sens de l’urgence.

Le marché mondial

Le marché mondial du médicament a plus que doublé au cours des 10 dernières années. Évalué à 200 milliards de dollars américains en 1995, il a atteint 400,6 milliards en 2002 et 518 milliards en 2004. De 1985 à 2002, les dépenses totales mondiales en médicaments ont augmenté de 9,7 %, en moyenne, par année.

En 2004-2005, 10 fabricants contrôlent près de 50 % du marché total, à la suite des nombreuses fusions et acquisitions réalisées au cours des deux dernières décennies. Les États-Unis occupent 47 % de ce marché, qu’ils partagent avec quelques autres pays industrialisés, dont l’Allemagne et le Japon. D’origine britannique, GlaxoSmithKline (GSK), elle-même issue de la fusion de Glaxo Wellcome et de SmithKline Beecham, en 2000, est le deuxième leader mondial de l’industrie avec une part de marché de 6,3 %.

Le siège social de l’entreprise est situé à Brentford au Royaume-Uni et le siège des opérations est à Philadelphie, aux États-Unis. GSK Canada est une filiale en propriété exclusive de GSK et son siège social se situe à Mississauga, en Ontario. La filiale canadienne a établi des bureaux régionaux à Montréal, Halifax, Ottawa, Winnipeg, Calgary et Vancouver, ainsi que des centres de distribution à Moncton, Mississauga et Calgary.

GSK est présente dans 116 pays et vend ses produits dans plus de 125 pays. En 2004, le chiffre d’affaires de GSK s’élevait à 20,359 milliards de livres sterling anglaises. En ce qui a trait aux médicaments d’ordonnance, le total des ventes pour 2004 s’établissait à 17,146 milliards de livres sterling anglaises, soit un milliard de moins que l’année précédente. Près de la moitié de ses ventes se concentrent sur le territoire américain et 30 % sur le marché européen. Quant au Canada, il représente un peu plus de 2 % des ventes. Toujours en 2004, le bénéfice net de GSK s’établissait à 3,213 milliards de livres sterling anglaises, soit une légère perte par rapport aux trois dernières années4.

La stagnation, voire la diminution, des bénéfices nets au cours des trois dernières années s’explique par plusieurs facteurs dont, notamment, la baisse de productivité de la R-D interne et l’échéance des brevets pour certains médicaments représentant des vaches à lait pour les fabricants. Nous leur accordons une attention particulière dans les paragraphes qui suivent.

Des investissements considérables en R-D pour une productivité de plus en plus faible

Les coûts croissants des activités de R-D sont directement reliés à la réglementation des essais cliniques5. Cette réglementation plus rigoureuse vise à rassurer la population sur l’innocuité des nouveaux médicaments, comme ce fut le cas pour Vioxx, de Merck, en 2004 et Bextra, de Pfizer, en 2005. De plus, les organismes réglementaires peuvent limiter l’accès au marché de nouveaux médicaments en invoquant leur efficacité inférieure ou discutable en regard de ce que le marché offre déjà6.

Les agences réglementaires ont resserré leurs critères d’approbation de mise en marché en exigeant un nombre accru d’essais cliniques et de patients nécessaires pour les valider. Ces critères rigoureux ont une incidence directe sur les budgets alloués, qui augmentent graduellement au cours des trois premières phases du développement des nouvelles molécules. Dans l’ensemble de l’industrie, le nombre moyen d’essais cliniques pour une nouvelle molécule, qui était d’environ 24 en 1980, est passé à 100 en 2000. Il en est de même pour le nombre de patients qui, lui, est passé de 1 000 à 6 000 dans la même période7.

Ce resserrement s’est traduit par un allongement du temps de réalisation des essais cliniques, prolongeant significativement la durée moyenne du cycle de développement d’une molécule. Alors que la mise au point d’une nouvelle molécule nécessitait 6,5 années en 1990, aujourd’hui, elle peut facilement atteindre de huit à dix années de recherche. Conséquemment, le temps effectif de rentabilité d’un nouveau médicament se trouve sensiblement réduit.

Les critères plus sévères ont également mené à un nombre accru de refus ou de retraits volontaires. À titre indicatif, le nombre de médicaments homologués par la Food and Drug Administration (FDA) américaine est passé de 523, pour la période de 1996-2001, à 450, pour la période de 2002-2007, soit une diminution de 13,9 %. En ce qui a trait aux nouvelles entités moléculaires (NME), le nombre d’homologations a diminué de 50 %, soit de 36 à 18, entre 2004 et 2008.

En dépit de la réglementation plus stricte et de ses conséquences sur la rentabilité de l’exploitation, les entreprises ont, malgré tout, continué à investir dans la recherche. En 2004, les investissements des grandes compagnies pharmaceutiques en R-D ont représenté entre 7,3 % et 19,4 % de leur chiffre d’affaires, pour un total de 48,9 milliards de dollars américains. Malgré cette hausse des investissements, le nombre de nouvelles molécules approuvées a diminué. Cette situation ne date pas d’hier. Pour l’ensemble de l’industrie, les coûts en R-D sont passés de 190 à 900 millions de dollars entre 1991 et 2001, alors que le nombre annuel de nouveaux médicaments est passé de 12,3 qu’il était entre 1991 et 1995 à seulement trois.

Chez GSK, le niveau d’investissement pour la mise au point des produits en phases II et III est passé, entre 2001 et 2004, de 26 % à 39 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. En 2005, GSK avait l’une des plus larges et des plus prometteuses gammes de produits en développement de l’industrie. Avec 140 projets cliniques en développement, l’entreprise se classait au deuxième rang mondial derrière Pfizer pour ses investissements en R‑D. En 2004, GSK a investi près de 5,46 milliards de dollars américains, soit 13,9 % de son chiffre d’affaires. Ces investissements étaient cependant déjà en baisse puisque, en 2003, ils avaient représenté 15 % de son chiffre d’affaires, soit 5,59 milliards de dollars américains.

L’échéance des brevets

Si, jusqu’à tout récemment, la croissance du rendement de l’industrie avait été compensée par les bénéfices dégagés par les médicaments vedettes, ce n’est plus le cas à partir de 2003. En effet, le nombre de médicaments vedettes commercialisés par les 10 premiers laboratoires pharmaceutiques stagne, car plusieurs de ces produits sont passés aux mains des compagnies génériques, causant ainsi des pertes évaluées à plus de 2,9 milliards de dollars américains en 2004. Le marché des génériques croît à un rythme nettement supérieur au marché des médicaments d’origine. D’ici 2009, et peut-être bien avant cette date, près de 9 milliards de dollars de médicaments seraient soumis à la concurrence des génériques, à la suite de l’expiration de leurs brevets.

Cette menace est bien réelle, et GSK n’a pas été épargnée. Son antibiotique Augmentin est passé aux mains des génériques en 2002, avant l’échéance du brevet. En 2003, GSK a perdu ses droits sur Paxil, l’antidépresseur, aux mains d’Apotex, la compagnie de génériques canadienne, malgré l’échéance du brevet prévue en 2006. Le cas d’un autre antidépresseur, Wellbutrin, produit par Anchen, est connu : un laboratoire fabriquant des médicaments génériques a bénéficié d’un jugement favorable de la justice américaine, qui a estimé qu’il ne contrevenait pas aux droits des brevets en mettant sur le marché un produit générique avant l’échéance du brevet détenu par la pharmaceutique qui avait mis au point ce médicament. Or, au cours des prochaines années, le brevet de plusieurs produits développés par GSK vient à échéance, et ces produits passeront aux mains des génériques.

Devant ces obstacles, GSK a décidé de se lancer dans la découverte et la production de vaccins en Amérique du Nord8. Cette décision a porté ses fruits puisque depuis 1998, les ventes de vaccins ont continué à croître, tandis que les médicaments reliés aux maladies infectieuses, au système nerveux central, aux maladies respiratoires et aux troubles du métabolisme, les quatre principales sources de revenus de GSK, ont vu leur chiffre d’affaires stagner, voire diminuer, au cours de cette même période9.

Un créneau prometteur : le marché du vaccin

Négligé pendant longtemps, le domaine du vaccin suscite maintenant la convoitise des grands groupes pharmaceutiques en raison des risques accrus de pandémies et d’attaques de bioterrorisme.

Le marché du vaccin représente près de 1,5 % des ventes mondiales de produits pharmaceutiques, soit près de 6 milliards de dollars en revenus annuels. Ces revenus ont plus que doublé entre 1992 et 2000. En moyenne, ils augmentent chaque année de 10 %. Selon les experts, ce marché devrait passer la barre des 20 milliards de dollars en 2012. Sanofi-Pasteur, GSK, Wyeth, Merck, et Chiron se partagent ce marché.

Une succession d’évènements pourrait mener à des difficultés d’approvisionnement. Déjà, le marché américain des vaccins antigrippaux, estimé à plus de 1 milliard de dollars américains en 2010, est limité dans son approvisionnement. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis estiment être en mesure de vacciner un minimum de 150 millions d’Américains d’ici 2010. En 2004, une pénurie de vaccins antigrippaux est survenue, à la suite de problèmes de contamination dans une usine de fabrication de Chiron. Les États-Unis cherchent actuellement à diversifier leurs sources d’approvisionnement pour répondre à la demande.

Récemment, les risques de pandémie et la possibilité d’une attaque de bioterrorisme ont commencé à convaincre les investisseurs. Le phénomène de pandémie se produit de trois à quatre fois par siècle et occasionne une propagation rapide d’une nouvelle souche de virus dans le monde. Il est impossible de prédire exactement la prochaine pandémie et bien qu’il n’y ait aucune activité grippale pandémique dans le monde, à l’heure actuelle, les scientifiques soutiennent que ce n’est qu’une question de temps.

La grippe peut être contractée par n’importe qui, quel que soit son âge. Toutefois, le risque de complications graves est plus grand chez les personnes âgées, les enfants en bas âge et les sujets ayant des problèmes de santé. La grippe saisonnière tue annuellement de 500 000 à 1 000 000 de personnes, dont 36 000 aux États-Unis et entre 2 000 à 8 000 personnes au Canada. Une grippe pandémique pourrait engendrer entre 9 000 et 51 000 décès si aucun vaccin n’était disponible10. La vaccination est le moyen le plus efficace pour réduire le taux de mortalité. À chaque fois qu’on vaccine un million de personnes âgées, on sauve 900 vies et on prévient 1 300 hospitalisations. Les vaccins représentent plus qu’une ressource de santé publique, et les gouvernements sont très enclins à intervenir pour protéger cette industrie.

Un des avantages du marché du vaccin est qu’il ne nécessite pas d’investissements importants pour le déploiement d’une force de vente puisque les principaux acquéreurs proviennent du secteur institutionnel : les secteurs publics et privés dans les pays industrialisés, et le secteur public dans les pays à faibles ou moyens revenus.

De plus, les pays industrialisés achètent des vaccins plus complexes et plus chers, tandis que les pays à faibles et moyens revenus achètent de grandes quantités de vaccins à bas prix. L’UNICEF, l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) représentent les acquéreurs les plus importants du secteur institutionnel, avec 62 % des achats mondiaux.

À cet égard, les gouvernements jouent un rôle important dans la disponibilité des vaccins et, par conséquent, dans les contrats d’approvisionnement à long terme. La majorité des vaccins antigrippaux sont d’ailleurs fournis par les réseaux de santé publique. Néanmoins, le secteur privé peut se procurer des vaccins antigrippaux et les administrer aux personnes non admissibles aux fonds publics. Au Québec, plusieurs compagnies et assureurs offrent une vaste gamme de vaccins pour prévenir différentes maladies.

Le marché du vaccin est réglementé par l’OMS, qui a le mandat de proposer un plan mondial pour aider ses états membres et les responsables de la santé publique à faire face à la menace d’une grippe pandémique. L’OMS fixe les normes techniques et scientifiques sur l’innocuité des vaccins et facilite le dialogue entre la communauté scientifique, l’industrie pharmaceutique et les organismes de réglementation.

Au Canada, par exemple, l’Agence de santé publique du Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et Santé Canada travaillent conjointement avec différents partenaires internationaux, pour veiller à ce que le pays soit prêt en cas de pandémie. Santé Canada examine l’innocuité et l’efficacité des vaccins. Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC), en tant que coordonnateur du Programme fédéral-provincial-territorial (F-P-T) d’achat collectif de médicaments et de vaccins, se procure les vaccins pour les utiliser lors de campagnes de santé publique.

En 2003, plusieurs contrats à long terme ont été attribués par ces instances gouvernementales pour l’approvisionnement de vaccins antigrippaux au Canada. À ce propos, le plus important contrat a été signé avec ID Biomedical, l’entreprise que convoite GSK. ID Biomedical s’est engagé à répondre à 75 % des besoins canadiens; Sanofi-Pasteur assurera les 25 % supplémentaires. Finalement, pour assurer l’approvisionnement, la société Solvay Pharma a aussi obtenu l’approbation de Santé Canada pour vendre son vaccin antigrippal au Canada.

GlaxoSmithKline Biologicals

GlaxoSmithKline Biologicals, une filiale de GSK, est l’un des principaux producteurs de vaccins dans le monde. Avec ses 50 années d’expertise dans la recherche, le développement et la production de vaccins, cette filiale se consacre à la mise au point de nouveaux vaccins contre des infections et des maladies ayant des conséquences graves dans le monde. Le siège de ses activités de R-D et de production des vaccins se situe à Rixensart, en Belgique.

En 2005, les ventes de vaccins de GSK Biologicals ont atteint 2,69 milliards de dollars américains, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2004. En 2004, la part des ventes de GSK Biologicals était d’environ 23 % des ventes totales mondiales de vaccins. La société a distribué 1,2 milliard de doses en 2005 dans 165 pays différents, ce qui représente plus de trois millions de doses par jour. Même si l’essentiel de ses revenus provient des États-Unis et de l’Europe, près de 90 % des vaccins qu’elle a produits ont été distribués dans les pays en développement.

GSK Biologicals a investi plus de 285 millions de dollars américains en R-D, en 2005. D’ailleurs, elle possédait plus de 30 vaccins enregistrés, 25 commercialisés et 20 en développement clinique. Le programme de recherche de la filiale est axé sur les maladies les plus répandues dans le monde, selon les trois priorités de l’OMS, soit : la tuberculose, le sida et le paludisme. Les 6 000 personnes qui travaillent pour GSK Biologicals sont réparties dans 16 centres, dont cinq en Amérique du Nord, sept en Europe, et quatre en Asie. Ces centres sont dédiés au développement et à la fabrication de vaccins; quatre se spécialisent dans les vaccins contre la grippe.

Déjà, en 2005, GSK Biologicals a fait deux acquisitions en Amérique du Nord, soit l’usine de Corixa à Seattle (Washington) et celle de Wyeth à Marietta (Pennsylvanie). Ces deux acquisitions s’inscrivaient dans une stratégie de croissance de ses activités dans le domaine du vaccin en Amérique du Nord et de pénétration du marché nord-américain. Corixa est une société qui concentre ses efforts sur les produits d’immunothérapie destinés à traiter et à prévenir les maladies auto-immunes, le cancer et les maladies infectieuses. Elle est dotée d’une importante plate-forme technologique pour la conception de vaccins intégrés. Quant à l’usine anciennement détenue par la société Wyeth, elle est réservée aux opérations de remplissage et de lyophilisation. Elle peut également effectuer des activités de développement de nouveaux vaccins antigrippaux à partir de la technique de culture cellulaire.

ID Biomedical (IDB)

ID Biomedical (IDB) est une entreprise de biotechnologie intégrée, spécialisée dans la recherche, le développement, la fabrication, la vente et la commercialisation de vaccins innovateurs. En 2004, elle a acquis la division des vaccins de Shire Pharmaceuticals Group qui avait elle-même acheté les installations de BioChem Pharma.

Cette transaction a permis à IDB de mettre la main sur une gamme attrayante de produits en stade précoce de développement et, par le fait même, de posséder l’un des portefeuilles de produits en développement les plus intéressants dans l’industrie des vaccins. Actuellement, IDB commercialise deux vaccins au Canada, soit un vaccin antigrippal injectable (Fluviral) et un vaccin contre les maladies provoquées par le méningocoque du groupe C (NeisVac-C).

Le siège social d’IDB est situé à Vancouver, en Colombie-Britannique. Ses activités sont réparties dans différents établissements au Canada et aux États-Unis : à Northborough (Massachusetts), à Columbia (Maryland), à Bothell (Washington), à Sainte-Foy (Québec) et à Laval (Québec). Le site de Columbia est spécialisé dans les affaires cliniques et réglementaires, ceux de Northborough et de Bothell dans le développement de vaccins, celui de Laval dans la R‑D, la production et l’administration, et finalement l’usine de Québec est spécialisée dans la fabrication des vaccins.

En 2004, IDB a entrepris l’agrandissement de son usine de fabrication de Québec. Une fois l’établissement opérationnel, en 2007, sa capacité de production passera de 12 à environ 50 millions de doses par année. Cet agrandissement lui permettra de devenir un joueur clé dans le marché du vaccin contre la grippe en obtenant une troisième position, derrière Sanofi-Aventis et Chiron.

IDB est la société mandatée par le gouvernement canadien pour veiller à répondre à une éventuelle pandémie de grippe, grâce à son vaccin Fluviral. En 2001, l’entreprise a signé un contrat de 10 ans avec le gouvernement du Canada, devenant ainsi le principal fournisseur de vaccins contre la grippe au Canada, avec une part de marché de 75 %. Cette entente est d’une valeur estimée à 300 millions de dollars. D’ailleurs, en 2004, ce contrat lui a permis de réaliser ses premiers revenus de ventes, d’une valeur de 36,1 millions de dollars.

Son vaccin Fluviral était alors en voie d’homologation par la FDA, aux États-Unis. En juillet 2005, l’entreprise a obtenu le statut prioritaire de la FDA pour accélérer la disponibilité de son vaccin dans le marché américain. Ce vaccin devait être approuvé à temps pour la saison hivernale 2006-2007, si les résultats des études cliniques étaient concluants.

Des alliances stratégiques à long terme pour la commercialisation, la distribution et l’achat minimum de Fluviral, aux États-Unis, ont déjà été conclues avec trois importants distributeurs de vaccins antigrippaux : Henry Schein Inc., le Specialty Group d’Amerisource Bergen Corporation et McKesson Corporation. Ensemble, ces distributeurs occupent le premier rang aux États-Unis pour ce qui est des parts de marché détenues par les distributeurs (non-fabricants) de vaccins antigrippaux. Chacun de ces distributeurs occupe une position dans au moins un des segments du marché des médecins, des hôpitaux, des organismes d’assurance maladie et des établissements de soins de santé. Cette entente, signée en 2004, entrera en vigueur lorsque la FDA aura homologué le produit et prendra fin après la saison grippale 2014-2015. Les revenus potentiels de cette entente se chiffrent à 2,3 milliards de dollars américains.

En 2004, IDB s’est aussi engagée à fournir son vaccin contre le méningocoque du groupe C, NeisVac-C, dans le cadre d’un contrat de deux ans avec le gouvernement du Canada, d’une valeur de 30 millions de dollars. La société détient aussi une option sur ce contrat portant sur l’exclusivité pendant une troisième année.

ID Biomedical possède plusieurs produits innovateurs dans différentes phases de développement. Tout d’abord, FluINsure, un vaccin antigrippal administré par voie intranasale, dont l’ingrédient principal est l’antigène du vaccin Fluviral. FluINsure, destiné aux enfants, est un complément de Fluviral. Les données préliminaires, reçues en 2004, démontrent que le vaccin est efficace. Ce nouveau mode d’administration d’un vaccin offre des avantages supplémentaires aux vaccins traditionnels et occuperait une place de choix sur ce nouveau marché. Par sa protection immunitaire de la muqueuse tapissant la surface des voies respiratoires, ce vaccin pourrait assurer une protection contre des agents en aérosol employés à des fins de bioterrorisme. Un autre vaccin, StreptAvax, agit contre le streptocoque du groupe A. Ce vaccin a été évalué avec succès chez l’adulte et vise à prévenir l’infection streptococcique de la gorge et les maladies reliées à cette infection. L’élaboration d’un vaccin contre ce genre d’infection constitue une priorité en matière de santé publique aux États-Unis, et son marché devrait atteindre 1,5 milliard de dollars américains en 2010. StreptAvax est le seul vaccin du genre à faire l’objet d’un programme de développement clinique. Il n’a, actuellement, aucun concurrent.

PGCvax est un vaccin qui, contrairement aux vaccins actuels, cible toutes les souches de pneumocoques pathogènes plutôt qu’un sous-ensemble de cette bactérie. Le marché pour ce type de vaccin devrait atteindre 2,2 milliards de dollars américains en 2010.

ID Biomedical bénéficie déjà de trois subventions des National Institutes of Health (NIH) pour l’élaboration d’un vaccin contre la peste administré par voie nasale, d’un vaccin contre le SRAS administré par voie nasale et d’un vaccin produit par culture cellulaire. La culture cellulaire est une technique de production de vaccin en prévision d’une pandémie de grippe. Enfin, IDB travaille à l’élaboration de vaccins traditionnels à des fins de biodéfense contre la peste et la maladie du charbon.

Une ombre au tableau toutefois : les analystes prévoyaient que l’entreprise encaisserait ses premiers profits en 2005, mais depuis 2003, ID Biomedical affiche des pertes croissantes qui se sont chiffrées à environ 31,7 millions en 2003 et à 39,7 millions de dollars en 200411.

Alors, quoi faire?

Quels sont les avantages et inconvénients à développer à l’interne?

Le développement à l’interne offre des avantages indéniables en permettant, tout d’abord, à GSK d’acquérir une expertise de pointe dans le domaine des vaccins, une compétence distinctive qui lui procurera un avantage concurrentiel significatif sur les autres fabricants. En deuxième lieu, le développement à l’interne favorisera un meilleur encadrement des projets de R‑D. Troisièmement, l’entreprise financera sa croissance en utilisant les bénéfices non répartis.

Par contre, le processus de R‑D pour un nouveau médicament est long (plus de 10 ans) et coûteux (près de 1 milliard de dollars américains). Cet investissement comporte un risque élevé, compte tenu de l’échéance des brevets et de l’émergence des produits génériques.

Autre réalité à prendre en compte : la grande majorité des molécules découvertes ne sont pas commercialisées et cela, pour diverses raisons reliées à l’innocuité, à la toxicologie, à l’inefficacité, à des considérations financières, etc. Seuls 1 % des composés évalués parviennent à se frayer un chemin du laboratoire jusqu’au patient. Sur 100 molécules évaluées en phase préclinique, seulement cinq font l’objet d’études cliniques et seulement un de ces cinq candidats sera approuvé. Parmi ces nouveaux médicaments approuvés, 30 % connaissent un succès commercial au moment où les revenus nets générés par leurs ventes sont supérieurs ou égaux aux coûts moyens de R‑D nécessaires pour les produire.

En revanche, les incitatifs à l’investissement en R‑D sont loin d’être négligeables. Parmi les pays industrialisés, le Canada offre des politiques fiscales des plus généreuses pour favoriser et soutenir les investissements dans ce secteur innovateur. Parmi les provinces canadiennes, le Québec fait aussi bonne figure pour attirer les centres de recherche privés. Sans compter la présence d’une main-d’œuvre qualifiée, l’existence d’un réseau de chercheurs universitaires pouvant assurer de fructueuses collaborations et la présence d’une industrie biotechnologique toujours très dynamique.

L’indice des avantages fiscaux est un moyen de comparer la compétitivité relative du régime fiscal. Cet indice représente le rapport du coût après impôt d’une tranche de 1 dollar de frais de R‑D. Plus l’indice est faible, plus le régime fiscal en R‑D est concurrentiel. En 1999, le Canada se classait parmi les premiers pays industrialisés en ce qui a trait à la compétitivité des coûts liés à la R‑D biomédicale avec un indice des avantages fiscaux de 0,70. Le taux d’allègement fiscal canadien pour chaque tranche de 1 dollar américain de R‑D est parmi les meilleurs au monde. Pour chaque dollar investi en R‑D, 18,7 cents sont retournés à l’investisseur.

Parmi les incitatifs fiscaux à l’investissement qu’offrent les gouvernements du Canada et du Québec, mentionnons tout d’abord la déduction des dépenses courantes en R‑D, ce qui permet de réduire le coût réel net de la R‑D biomédicale à 45,4 %. De plus, le gouvernement du Canada offre un crédit d’impôt de base de 20 % des dépenses admissibles en R‑D. Pour les petites entreprises, ce crédit peut atteindre jusqu’à 35 % de la première tranche de 2 millions de dollars de dépenses. De son côté, le gouvernement du Québec offre un crédit d’impôt remboursable des salaires versés pour des activités de R‑D de 17,5 %.

Les chercheurs et autres experts étrangers bénéficient également d’un congé fiscal de cinq ans de l’impôt provincial sur le revenu des particuliers lorsqu’ils s’établissent au Québec pour participer à des activités de R‑D dans une entreprise. Ce congé fiscal s’applique aussi aux stagiaires postdoctoraux étrangers qui obtiennent un contrat d’emploi avec les universités et centres de recherche admissibles.

Les compagnies pharmaceutiques peuvent bénéficier encore plus de l’investissement des gouvernements en développant des partenariats avec les universités, les centres de recherche publics et les hôpitaux. Parmi ces organismes subventionnaires, citons la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et les Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ12), organisme devenu en 2004 le Fonds de recherche du Québec – Santé.

Quels sont les avantages et inconvénients à acquérir ID Biomedical?

Dans le cas de l’acquisition de la pharmaceutique canadienne ID Biomedical (IDB) par GlaxoSmithKline, cette transaction serait une bonne affaire pour cette dernière. Elle permettrait à GSK d’atteindre rapidement son objectif de devenir le leader mondial de l’industrie. Elle permettrait de réaliser des économies d’échelle, de profiter de technologies plus avancées, d’acquérir de nouveaux médicaments, de remplir les creux des gammes de produits en développement et de prendre de l’expansion dans de nouveaux marchés géographiques.

Qui plus est, le Canada est réputé en recherche clinique pour ses normes particulièrement fiables. Les coûts de recrutement pour les essais cliniques sont de 22,4 % inférieurs à ceux des États-Unis. Le coût de la main-d’œuvre pour les infirmières est aussi moins élevé. Le Canada a mis sur pied des centres d’excellence où des patients et des cliniciens de qualité sont accessibles. De plus, le gouvernement offre une aide financière pour les études cliniques qui permettraient d’améliorer la santé publique. ID Biomedical (IDB) étant une compagnie canadienne, GSK Biologicals pourrait bénéficier de tous ces avantages.

Mais la transaction est importante : plus de 1,7 milliard de dollars canadiens. L’expérience démontre que le coût de telles acquisitions dépasse presque toujours largement la valeur réelle de l’entreprise ciblée. Les gains associés aux acquisitions ne sont souvent réalisés que plusieurs années après la transaction.

Qui plus est, GSK devrait assumer le coût des réorganisations pour les entités éventuellement fusionnées. Les réorganisations monopolisent des ressources importantes. Elles empêchent les entreprises de se concentrer sur leurs activités premières. Elles engendrent le dédoublement des activités, des ressources et des produits, réduisant du même coup les économies d’échelle anticipées.

Sans compter que le succès des acquisitions est loin d’être garanti. En fait, le taux d’échec de ces stratégies serait élevé. Ne parle-t-on pas d’un taux de 50 %? Les contraintes de cultures et le manque de complémentarité entre les équipes seraient les principaux facteurs associés à ce taux d’échec élevé.

En outre, l’examen de récentes fusions ou acquisitions montre bien que ce choix de stratégie ne fournit que des solutions à court et à moyen terme pour la gamme de produits en développement et la réduction des coûts de R‑D. Ce choix de stratégie ne permet pas aux entreprises de s’attaquer au problème fondamental de l’industrie pharmaceutique, celui du manque d’efficacité à produire de nouvelles molécules.

La décision

Étant elle-même le résultat heureux d’une fusion entre Glaxo Wellcome et SmithKline Beecham en 2000, GSK a opté pour l’acquisition d’ID Biomedical par le biais de sa filiale GlaxoSmithKline Biologicals. La transaction fut conclue le 8 décembre 2005.

L'étude de cas complète
Vous appréciez cette étude de cas? Bénéficiez du cas complet incluant les annexes suivantes (15 pages au total) sur la boutique:
  • Quelques données financières de GSK pour la période 1998-2005 en £m
  • Le cycle de recherche et de développement d’un nouveau médicament Conception, développement et production d’un vaccin
  • Ventes totales de GSK par champ thérapeutique pour la période 1998-2005 en £m
  • Bilan consolidé d’ID Biomedical au 31 décembre 2004 en dollars canadiens
  • États consolidés des revenus et des dépenses d’ID Biomedical pour les années 2002, 2003 et 2004 en dollars canadiens
  • Les organismes subventionnaires du Canada
Afin d’acheter l’étude de cas dans son intégralité, rendez-vous à cette adresse de la boutique evalorix
  1. La recherche documentaire a été réalisée par Karine Blais, étudiante au programme de MBA en Gestion pharmaceutique de l’Université Laval.
  2. Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Dépenses en médicaments au Canada, de 1985 à 2012, https://secure.cihi.ca/free_products/Drug_Expenditure_2013_FR.pdf, 2013
  3. Santé Canada, Coûts et prix des produits pharmaceutiques, http://www.hc-sc.gc.ca/hcs-sss/pharma/costs-couts/index_f.html
  4.  Consulter l’annexe 1 : Quelques données financières de GSK pour la période 1998-2005 en millions de livres sterling. Source : http://www.gsk.com/investors/annual-reports/annual-report.html?tab=tabannual-report-archive
  5. Consulter l’annexe 2 : Le cycle de recherche et de développement d’un nouveau médicament.
  6. C’est le cas du Conseil du médicament du Québec, devenu l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), ou du National Institute for Health and Clinical Excellence en Angleterre.
  7. Le coût de développement d’un médicament incluant les échecs et les coûts de capitaux est d’environ 1,3 milliard de dollars, selon Di Masi de l’Université Tufts, mais pourrait être de plus de 4 milliards de dollars, selon un article récent (http://www.forbes.com/sites/matthewherper/2012/02/10/the-truly-staggering-cost-of-inventing-new-drugs/).
  8.  Consulter l’annexe 3 : Conception, développement et production d’un vaccin.
  9. Consulter l’annexe 4 : Ventes totales par champ thérapeutique de GSK pour la période 1998-2005 en millions de livres sterling. Source : http://www.gsk.com/investors/annual-reports/annual-report.html?tab=tabannual-report-archive
  10. Santé Canada, Préparation à une pandémie d’influenza : http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/ed-ud/prepar/flu-pandem/index-fra.php.
  11. Consulter l’annexe 5 : Bilan consolidé d’ID Biological au 31 décembre 2004 en dollars canadiens. Consulter l’annexe 6 : États consolidés des revenus et des dépenses d’ID Biological pour les années 2002, 2003 et 2004 en dollars canadiens. Source : http://yahoo.brand.edgar-online.com/EFX_dll/EDGARpro.dll?FetchFilingHTML1?ID=3579476&SessionID=CQJoHv6UTlJGFl7
  12. Consulter l’annexe 7 : Les organismes subventionnaires du Canada.