Marie-Thérèse Fortin et le Théâtre d’Aujourd’hui

Centre de cas HEC Montréal
Ce cas retrace le parcours de la comédienne québécoise Marie-Thérèse Fortin. Originaire du Bas Saint-Laurent, Marie-Thérèse a grandi sur une ferme laitière et y a appris l’autonomie et le sens des responsabilités. Rapidement, Marie-Thérèse Fortin est devenue une femme habile et mature. Le fait qu’on lui confie depuis ses études en théâtre des rôles de mères ou de femmes d’un certain âge, n’est certainement pas étranger à ses origines.
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Demandez à n’importe qui : tout le monde aime Marie-Thérèse Fortin. Son doux visage ouvert, son sourire de Joconde et ses grands yeux de caramel liquide y sont certes pour quelque chose. En cet après-midi d’octobre tout gris, dans le sombre foyer du Théâtre d’Aujourd’hui, sa beauté est une fleur lumineuse et discrète.
Peut-être l’aime-t-on justement à cause de cet air de belle plante qui se tourne tout naturellement vers le soleil. Sans doute aussi pour sa façon de dire et de faire les choses simplement1.

Dès que Marie-Thérèse Fortin est entrée dans le petit café attenant à la salle du Théâtre d’Aujourd’hui où elle travaille, la pénombre qui y régnait s’est amoindrie. Rassurante, elle s’est assise et nous a parlé avec sa voix douce. Elle a quitté la ville de Québec en 2003, après avoir occupé pendant trois ans la direction artistique du Théâtre du Trident. En quittant la capitale nationale, Marie-Thérèse Fortin laisse derrière elle un univers en soi, une planète dont elle a fait le tour. Elle se sent alors animée par le désir de se mettre en péril. Son arrivée à Montréal s’est toutefois déroulée tout en douceur. Les nombreuses années d’aller-retour entre les deux villes ont fait en sorte qu’elle avait déjà sa place dans le milieu montréalais; elle y a des amis, des alliés. Et puis, la vie la surprend.

Du sang de terre et de mer

Marie-Thérèse Fortin a grandi dans un village du Bas-Saint-Laurent avec en trame de fond le fleuve Saint-Laurent. Le village, situé à l’intérieur des terres, offre une vue inouïe. Cadette d’une famille de dix enfants, Marie-Thérèse Fortin a été élevée sur une ferme laitière et y a appris le sens des responsabilités et l’autonomie. Marie-Thérèse Fortin est une femme habile et mature. Depuis ses études en théâtre, elle joue des rôles de mères ou de femmes d’un certain âge. Marie-Thérèse impose le respect et l’admiration.

Je pense que grandir sur une ferme, c’est assez déterminant. Il y a toujours quelque chose à faire. Chacun doit être en mesure d’accomplir la tâche qu’on lui confie, quelle qu’elle soit. Et tu es aussi assujettie au climat. Si tu avais prévu de faire quelque chose une journée et que le temps ne le permet plus, tu dois te virer de bord et faire autre chose. Il faut être débrouillard et vite d’esprit2 .

Son père, Éthelbert Fortin, dirige la ferme reprise de son propre père tombé gravement malade. Dixième et cadet de la famille comme Marie-Thérèse Fortin, Éthelbert Fortin aime plus étudier que travailler à la ferme. Il aurait voulu devenir prêtre. Tous les matins, il se lève aux aurores pour prendre son petit catéchisme et l’apprendre par cœur. Jusqu’à la fin de sa vie, à 72 ans, il pouvait réciter encore les pages de ce livre religieux. Frêle, grand, le père de Marie-Thérèse Fortin est prudent et conservateur. C’est un homme nerveux et anxieux. Bon homme d’affaires, il laisse la production de la crème pour consacrer ses activités à la production de lait industriel. Il fait preuve d’audace et modernise la ferme.

Lorsque mes parents se sont mariés, ma grand-mère Adélaïde est restée à la maison avec eux. Ils l’avaient prise en charge et ma mère s’en est occupée. Elle était une femme qui aimait l’introspection et a transmis son intérêt pour la spiritualité à sa descendance. Elle méditait et lisait beaucoup. Sûrement des livres religieux, car les frères et les sœurs de mon père ont tous des noms particuliers comme Madelberthe, Panthaléon, Eustelle et Honorius. Je crois qu’elle avait pris ça dans l’Ancien Testament. Mais j’ai découvert un Éthelbert dans un roman de Virginia Woolf.

Colette Roy, sa mère, est une femme menue avec une énergie débordante et très croyante. Elle est originaire de Price à quelques kilomètres de Saint-Octave-de-Métis. Ils sont 17 enfants dans sa famille. Jeune femme, elle se fait engager par une demoiselle anglaise comme bonne de curé. Elle y apprend les bonnes manières, le protocole à table, la façon de dresser une table, la cuisine. Grande travailleuse, elle épouse Éthelbert à l’âge de 25 ans.

Ma mère était une cuisinière à vous jeter par terre. Et elle faisait tout. Elle cousait admirablement bien, faisait le pain, les pâtisseries. Ses journées commençaient tôt sur la ferme, mais se terminaient aussi tôt. Elle était capable de faire plein de choses en même temps, ça brassait autour d’elle.

À la naissance de ses enfants, elle devient une autre femme, entièrement dédiée à ses enfants. Avec son mari Éthelbert, ils forment un couple uni. Elle prend soin de lui et dédramatise les angoisses de son mari en le gâtant de petits plaisirs sucrés. Éthelbert Fortin étant gourmand, cela calme sa nervosité. Ensemble, ils veillent à l’éducation de leurs enfants. Installés autour de l’immense table de la cuisine, les dix enfants font leurs devoirs et leurs leçons sous le regard protecteur de leurs parents.

Se faire une place

Marie-Thérèse Fortin a fait ses études secondaires à quelques kilomètres de son village, à Mont-Joli. Elle avait quitté sa petite école primaire de village pour se retrouver dans une polyvalente de 2 000 étudiants. Elle se perd un peu dans cette masse humaine et lorsqu’elle doit faire son inscription au cégep, elle opte pour un établissement un peu plus éloigné de la maison, mais moins populeux, où elle pourra faire sa place. Le cégep de Matane est alors moins fréquenté, plus petit et moins connu. Mais ce qui l’attire surtout, c’est la troupe de théâtre.

Matane! J’avais vu la troupe de théâtre jouer à la polyvalente. Je les avais tous trouvé très dynamiques. C’était Michel Marc Bouchard3 , étudiant alors en tourisme, qui écrivait les textes. Quand j’ai vu cette troupe, j’ai su qu’il fallait que je m’y joigne. Durant les deux années de cégep, j’ai joué dans la troupe et c’est Michel Marc Bouchard qui écrivait les textes pour nous.

Elle s’inscrit à la concentration en art et y passe deux années durant lesquelles elle fera, en plus des cours de théâtre, des cours de biologie qui la passionnent; elle souhaite comprendre le fonctionnement du corps humain. Elle suit aussi des cours d’économie par intérêt pour les systèmes, pour comprendre le fonctionnement de l’économie. Elle abandonne toutefois les cours de mathématiques; les statistiques la découragent. C’est aussi à cette époque qu’elle fait la rencontre d’un professeur de poésie, Gilles Petitclerc, qui sera important dans son cheminement artistique.

Je n’avais eu jusqu’à maintenant que des cours de français traditionnels. Je n’avais pas eu de cours de poésie. Le professeur est entré dans la classe. Il était roux, il portait des pantalons de cuir rouge et une boucle d’oreille. Ça m’avait saisie. Il nous a regardés. Il n’a pas dit un mot, il s’est retourné, puis il a écrit au tableau ce vers de Paul Éluard : « la terre est bleue comme une orange ». Et le cours était commencé. Il n’était pas question que l’on parle de Félix-Antoine Savard4 . Il s’est mis à nous parler des surréalistes5 . On a décortiqué Paul Éluard6, Aragon7 . Je suis devenue une élève assidue et passionnée, et il nourrissait ma curiosité en me prêtant des livres. Puis, on discutait ensemble de mes lectures.

Gilles Petitclerc et Marie-Thérèse Fortin partagent le même amour pour Paul Éluard. Avec lui, elle découvre la lecture et lui révèle, à travers les textes, des éléments insoupçonnés de sa personnalité.

Il me forçait à comprendre ce que je lisais. Il me demandait ce que je voyais. Il m’a permis de développer ma curiosité, il m’a appris que les choses ont un sens, mais d’abord le sens qu’on leur donne. On a souvent peur de ne pas avoir compris la bonne chose, le sens dans un texte. Lui, il me disait plutôt que ce qui était important, c’était ce que j’avais perçu du texte, ce que j’avais reçu qui avait de la valeur.

Avec d’autres élèves, Marie-Thérèse Fortin participe à des récitals de poésie organisés par Gilles Petitclerc. Un soir, alors qu’elle récite un poème de son poète préféré, Gilles Petitclerc l’agrippe à sa sortie de scène. Il doit lui parler. Il lui dit à ce moment qu’elle doit absolument se présenter dans les écoles de théâtre.

Il m’a demandé si c’était ce que je voulais faire, si j’aimais le théâtre. Je lui ai répondu oui. Mais ce n’était pas une chose à laquelle j’avais vraiment pensé parce que du milieu d’où je venais, il n’y avait rien de ça. Lui, il avait été comme frappé. Il me tenait par les deux bras et me disait que je devais devenir comédienne. Il m’a proposé son aide pour préparer les auditions. C’est que nous avons fait.

À cette époque, l’École nationale de théâtre du Canada8fait passer un questionnaire de connaissances générales et littéraires aux candidats. Ensemble, ils fouillent dans les livres, rédigent des textes, mais préparent aussi une scène. Ils choisissent Andromaque de Racine et c’est Gilles Petitclerc qui lui donne la réplique en femme; il incarne Céphise.

Jeune, mais sans doute

L’audition à l’École nationale se déroule bien. Seule avec les juges après sa scène, ceux-ci expriment leur étonnement au sujet des résultats de son questionnaire. Jamais personne n’avait si bien répondu. Toutefois, les juges de l’École nationale lui suggèrent de se présenter l’année prochaine. Heureusement, Marie-Thérèse Fortin s’est présentée aux auditions de toutes les écoles de théâtre. Il lui reste à faire ses preuves au cours de l’audition du Conservatoire d’art dramatique de Québec9. Elle est finalement acceptée en stage avec trente autres personnes. Durant cette semaine, ils font des exercices et des ateliers. Au terme de ce stage, dix personnes sont retenues pour la rentrée des classes en septembre dont Marie-Thérèse Fortin.

C’était épuisant. On avait des journées très dures et en plus, je faisais à cette époque une mononucléose. J’étais donc encore plus exténuée. Je ne voulais pas leur dire de peur qu’on me refuse au stage. Je m’étais dit que s’ils m’acceptaient, j’allais me soigner. À la fin des journées, vers 16 h, j’allais tout droit vers mon lit. Je voulais tellement avoir une place. Rien n’était plus important que cela. Ils me trouvaient jeune. J’avais 18 ans. Toutefois, je pense que durant le stage, j’ai réussi à les convaincre de ma certitude et de mon talent.

Le Conservatoire d’art dramatique de Québec et son directeur Marc Doré

Marie-Thérèse Fortin fait son entrée au Conservatoire en 1979 et en sort en 1982. Durant les années d’études à Québec, elle suit des cours avec Marc Doré, le directeur de l’établissement.

Marc Doré, c’est une figure importante du théâtre contestataire. Et quand on rentre dans une école de théâtre, on veut réinventer le monde. Il nous parlait de ses expériences, de ses études à l’étranger et il nous enseignait avec de nouvelles méthodes, une nouvelle façon d’aborder le théâtre. Il croyait beaucoup en la création. Après mes études, je me suis longtemps demandée ce qui différenciait le Conservatoire des autres écoles de théâtre au Québec et j’ai réalisé que Marc nous avait enseigné à être des artistes créateurs responsables. On devait se positionner avec lui, dire qui on était, d’où on venait et où on voulait aller. Pour moi qui venais de la campagne, c’était quelque chose.

Figure très importante dans son cheminement théâtral, Marc Doré sait voir les failles du comédien et lui montre comment les éviter sur scène. Marie-Thérèse Fortin suit également durant ces trois années, les cours de Jean Guy, directeur du Conservatoire de 1972 à 1978 et de 1989 à 1996. Plus classique, il aime également la création. Durant ses cours d’interprétation, il fait des amalgames avec la création et les auteurs québécois. Elle apprend à construire un personnage et à s’ouvrir sur scène.

Avec Jean Valcourt et Jean Guy, Marc Doré est assurément l’autre directeur qui, de 1978 à 1988, aura eu une influence prépondérante sur la personnalité du Conservatoire de Québec. Il poursuit l’enseignement de Jacques Lecoq qui prend appui sur le corps, le mouvement et l’improvisation, et c’est sous son impulsion que le Conservatoire d’art dramatique de Québec cultivera cette pédagogie orientée vers la création qui fera sa force et son originalité10.

Marie-Thérèse Fortin est une étudiante exigeante; elle veut réussir et ne croit pas qu’elle peut s’amuser sur scène. Pour elle, l’apprentissage doit avoir un aspect académique, rigide, difficile. Durant les trois années d’école, elle s’est posé beaucoup de questions sur l’idée de devenir artiste. Lorsqu’elle a annoncé à ses parents son désir de devenir comédienne, ils l’ont prise pour une extraterrestre. Bien qu’enfant, elle ait eu accès aux livres et à la musique, elle complexait de ses origines rurales et gaspésiennes. Elle a dû prouver à ses parents, mais surtout à elle-même, qu’elle pouvait devenir une artiste. Le travail d’introspection demandé par ses professeurs et leurs encouragements lui ont permis de faire face à ses angoisses et ses doutes. Dès lors qu’elle a accepté de prendre des risques sur scène, de s’amuser, l’apprentissage s’est fait plus facilement. Finalement, elle a accepté de se tromper pour mieux apprendre et créer.

À la moitié de la première année, on a eu un contrôle et les professeurs m’ont alors dit que je devais cesser de m’asseoir entre deux chaises. Je devais prendre ma place, assumer que j’étais une artiste. J’étais trop prudente et j’observais beaucoup, je ne me prononçais pas. Je réfléchissais trop. J’avais toujours été première de classe et c’est comme si avec les arts, ça ne marchait pas. J’avais besoin de comprendre les concepts pour pouvoir offrir un certain rendement. Or, en art, tout est flou. Il n’y a pas de règles, il n’y a que toi. Alors, j’ai arrêté de réfléchir et d’analyser pour foncer. Ils me disaient que j’étais bonne, j’ai finalement persévéré. Dès qu’on faisait des exercices, j’y allais en premier, pour cesser d’analyser, de réfléchir. Je me suis trompée, mais dans la joie. Et je me suis mise à avoir beaucoup plus de plaisir et c’est devenu un jeu. J’étais là pour apprendre, alors aussi bien me tromper maintenant.

Au terme de cette expérience, elle retient surtout un des enseignements du directeur de l’école. Marc Doré répétait à ses étudiants : la première année fournit l’occasion d’imprimer les choses dans son esprit, la deuxième permet de les exprimer et la troisième, de les produire.

Apprivoiser son métier

En 1982, Marie-Thérèse Fortin se retrouve sur le marché du travail. Les rôles sont difficiles à trouver étant donné son casting. Elle est jeune, mais elle a le physique pour jouer des rôles matures, de tragédienne. Elle dégage la maturité des gens qui ont vu et vécu. Malgré la difficulté de jouer des personnages de femmes qu’elle ne connaît pas par son expérience personnelle, elle s’inspire de la vie professionnelle de ses frères et sœurs. Elle plonge aussi dans ses racines et l’éducation que ses parents lui ont donnée. À ce moment de sa carrière, elle fait essentiellement de la création. Elle joue notamment avec Robert Lepage11, Michel Nadeau12et avec Marc Doré.

À 24 ans, elle décroche son premier rôle pour la télévision et découvre qu’elle est photogénique. Elle incarne, de 1985 à 1988, l’image maternelle, un peu excentrique, dans la populaire série télévisée pour enfants, Le Village de Nathalie, au côté de la chanteuse et vedette de l’émission, Nathalie Simard. Son personnage, Mademoiselle Bric à Brac, est un succès. Les enfants adorent la propriétaire du magasin général du Village de Nathalie dont le patois est « uffin!». À la suite de ce rôle, les demandes ne cesseront pour des personnages à la télévision, au cinéma et au théâtre (voir l’annexe 1).

De cette expérience de jeunesse, Marie-Thérèse Fortin retient l’importance d’engager de jeunes recrues dans les pièces de théâtre.

Il faut que ces jeunes apprennent leur métier. Ce n’est pas parce que tu as fait une école de théâtre que tu sais tout, que c’est réglé. Tu es armé, mais il faut que tu apprennes à t’en servir de ces armes, sinon, tout est à recommencer. Il faut être dans l’action.

Diriger sur scène

Durant ces mêmes années, Marie-Thérèse Fortin se familiarise également à la direction de comédiens lors de mises en scène. Elle apprend à diriger des gens et à les mener vers un même objectif.

Faire de la mise en scène, c’est diriger. C’est ce que tout le monde veut, qu’il y ait quelqu’un qui indique la direction, le but. Mais en même temps, c’est quelqu’un qui sait faire de la place aux autres. Enfin, pour moi. Pour que la part de l’artiste, du créateur, pour que chaque intervenant ait sa place. Je ne suis pas dirigiste, mais je dirige. Je sais ce que peut être une bonne scénographie, mais je laisse le scénographe travailler. Je leur raconte ce que je vois dans ma tête, ce à quoi je rêve, dans quel but je monte la pièce. Puis lorsque ces intervenants ont assez de matière pour travailler, je les laisse rêver à leur tour. Donc si quelqu’un qui travaille avec moi veut être dirigé au quart de tour, ça ne fonctionnera pas. Il y a un moment où l’éclairagiste, la personne qui fait les costumes, va devoir travailler seul et arriver avec des propositions. Puis, je vais réagir, on va en discuter. J’ai toujours travaillé ainsi et ça fonctionne bien jusqu’à maintenant.

Pour ses mises en scène, Marie-Thérèse Fortin se sert de tout : des opéras qu’elle voit, des couleurs qu’elle ressent en lisant le texte, de photos ou encore de l’atmosphère d’un film. De ces sources d’inspiration émerge une pâte avec laquelle elle travaille la pièce par la suite. Pour la distribution des rôles, parfois elle s’impose, d’autres fois, elle cherche des qualités physiques, une nature particulière. Le choix d’un comédien ou d’une comédienne n’a parfois rien à voir avec le talent, mais plutôt avec des énergies afin de provoquer quelque chose chez le spectateur.

Diriger derrière la scène : le Trident

Le 21 janvier 1971, le rideau de la salle Octave-Crémazie du Grand-Théâtre de Québec, se levait sur la première production du Théâtre du Trident. Né d’une volonté politique de doter la Capitale d’un théâtre institutionnel, le Théâtre du Trident remplit son mandat de théâtre de qualité professionnelle animé par les artistes et artisans locaux et qui offre des productions d’envergure d’œuvres du répertoire classique et contemporain, dans un esprit de recherche et d’avant-garde, et s’adressant à un auditoire diversifié.

Le Théâtre du Trident privilégie avant tout un théâtre accessible qui fait appel à l’intelligence et à la sensibilité; un théâtre qui sait divertir tout en suscitant l’étonnement et la réflexion.

En 1998, un directeur artistique du Théâtre du Trident est recherché pour succéder aux plus grands comme Alain Grégoire, Serge Denoncourt, Roland Lepage, Guillermo de Andrea et Paul Hébert. Sans expérience de direction, Marie-Thérèse Fortin se décide à passer l’entrevue afin de proposer une nouvelle vision du théâtre et de la direction du Trident. Elle sait qu’elle n’a pas d’expérience, mais elle souligne qu’elle est une femme pragmatique qui fera « l’épicerie avec l’argent qu’elle aura ».

Je regardais le Théâtre du Trident à Québec et j’avais envie de proposer autre chose, de faire entendre mon point de vue. Je me disais que l’on pouvait être plus inventif. Et puis, je me promenais dans les théâtres du Québec et j’avais mon idée de comment on pouvait faire les choses. Puis, j’ai su qu’ils cherchaient quelqu’un à la direction artistique. Comme je n’étais pas contente de ce qui se faisait, j’ai posé ma candidature. J’étais jeune et je n’avais aucune expérience.

En décembre 1998, Marie-Thérèse Fortin est nommée directrice artistique. Première femme à ce poste, elle tient à respecter la mission et l’histoire du théâtre de la capitale. Elle prend aussi connaissance de la situation difficile du Théâtre. Les défis à relever sont alors nombreux.

Une fois nommée à la tête du Trident, j’ai rapidement été mise au fait de la situation financière difficile et même précaire, de la compagnie et des différents enjeux avec lesquels j’aurais à composer. Le mandat était clair : résorber le déficit, poursuivre la mission artistique, rehausser la qualité des productions, élargir notre public et positionner le Théâtre du Trident sur l’échiquier national.

En partenariat avec le directeur administratif de l’époque, Marie-Thérèse Fortin tente de trouver un moyen pour utiliser le génie des artistes ainsi que des astuces pour que cela coûte moins cher. Son but est de jouer avec l’illusion théâtrale afin que les coulisses ne soient pas connues des spectateurs.

Le théâtre, c’est l’art de l’illusion. Il fallait donner l’illusion aux spectateurs qu’ils avaient devant eux un décor extraordinaire et des costumes fabuleux. Ces costumes fabuleux coûtaient en réalité la moitié du prix. Je ne voulais pas couper dans les salaires des artistes.

Sur un plan plus personnel, Marie-Thérèse ne se sent pas une gestionnaire. Toutefois, elle a dû faire la preuve de la pertinence de sa venue à la tête de cette compagnie. Pour cela, elle a réussi à affirmer sa personnalité artistique et à mobiliser les forces vives du milieu théâtral autour de projets forts13.

Encore aujourd’hui, je ne me considère pas comme une gestionnaire. Et je ne suis pas certaine que ça me viendra un jour de dire que je suis gestionnaire. Je me suis jetée là-dedans en réaction et par passion pour le monde du théâtre.

En 2003, elle prend la décision avec sa famille de quitter Québec pour Montréal. Femme de tête, de cœur et de vision, elle est également une artiste polyvalente. On ne compte plus le nombre de productions théâtrales dans lesquelles elle a joué, ajoutées à celles qu’elle a mises en scène, ni le nombre sans cesse grandissant de rôles au petit écran. Les prix et les distinctions suivent le pas14. Elle souhaite alors consacrer sa carrière entièrement à la scène.

Notre maison à Québec était vendue et toute la famille déménageait à Montréal. Mes plans se résumaient à mettre l’accent sur ma carrière de comédienne et de metteur en scène. Je n’avais plus envie de me lancer dans une aventure comme celle du Trident. Il y avait un déficit d’un demi-million lorsque je suis arrivée et il n’y avait pas de hausses de subventions prévues. J’étais contente de ce que j’avais fait au Trident, mais je n’avais pas envie de ça à nouveau. Je voulais faire du théâtre.

Quelle sera la place pour une artiste comme Marie-Thérèse Fortin au sein du monde du théâtre montréalais ?

Le Théâtre d’Aujourd’hui15

Le 26 août 1968, les deux troupes phares du théâtre semi-professionnel, les Apprentis Sorciers (Jean-Pierre Saulnier et Pierre Collin) et les Saltimbanques (Rodrig Mathieu), ainsi que le Mouvement Contemporain (André Brassard) et la Compagnie de Michel Poletti se regroupent pour fonder le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et occuper le legs des Apprentis Sorciers de Jean Guy Sabourin et de Claude Sabourin, la petite salle du 1297, avenue Papineau à Montréal.

Le Théâtre d’Aujourd’hui se doit d’être le lieu des auteurs. Le lieu où leurs paroles seront lues, scrutées, questionnées, explorées, entendues. Un lieu qui accueille l’écriture qui questionne notre monde et notre époque. Un lieu de création où la démarche artistique est aussi importante que sa résultante. Un lieu où chaque ressource est au service de la création d’un texte, dans une démarche éclairée et une mise en forme achevée16.

Dans cet ancien atelier aux colonnes légendaires, la dramaturgie européenne d’après-guerre est d’abord présentée17 . Toutefois, l’année suivant la fondation du Théâtre, le lieu change de mission et se consacre essentiellement à la production et à la diffusion d’œuvres dramatiques québécoises. Plus de 140 auteurs québécois font ainsi leurs débuts dans le milieu théâtral national, mais se font également entendre à l’étranger.

Le Théâtre d’Aujourd’hui est depuis plus de 30 ans au cœur de la création québécoise. Il a été le foyer d’où ont émergé les voix déterminantes et incontournables de notre dramaturgie. Plusieurs de nos auteurs Michel Marc Bouchard, Jean-Claude Germain, Normand Chaurette, Wajdi Mouawad, Carole Fréchette, Evelyne de la Chenelière, Daniel Danis, Serge Boucher, Jean-François Caron, Reynald Robinson, René-Daniel Dubois, Réjean Ducharme, Pan Bayoucas, Larry Tremblay, Sébastien Harrisson et Érik Charpentier ont vu leurs textes produits et présentés, remporter la faveur du public et établir la légitimité d’une écriture dramatique québécoise contemporaine .

De par cet engouement, le théâtre de la rue Papineau devient rapidement trop exigu et exige un agrandissement. En 1991, sous la direction de Michelle Rossignol, l’équipe s’installe rue Saint-Denis, à quelques pas du Carré Saint-Louis. Il compte aujourd’hui 320 places et possède une autre petite salle dont la configuration permet de recevoir entre 50 et 80 personnes. Trois textes d’auteurs québécois sont présentés chaque année en plus d’accueillir deux autres productions18.

L’écriture théâtrale d’aujourd’hui est plurielle. Elle rend compte de toutes les réalités du monde actuel. Elle témoigne de l’évolution de notre société, des défis auxquels elle doit faire face, de la complexité des enjeux dans toutes les sphères de l’activité humaine. Elle scrute l’intime aussi bien que l’universel pour tenter de dégager un sens qui nous soit commun, que nous puissions partager dans l’enceinte du théâtre. […] C’est la nature même de l’écriture contemporaine qui doit guider nos choix artistiques et nos actions auprès des auteurs et des artistes qui collaboreront à nos divers projets19.

Là où d’autres théâtres ont la responsabilité de présenter une vision artistique univoque et dédiée à un type précis de répertoire, le Théâtre d’Aujourd’hui veut faire place à la diversité et au foisonnement de sensibilités individuelles provenant de l’écriture contemporaine. Les trois critères qui guident les choix de la programmation du Théâtre sont : l’authenticité d’une parole, la singularité d’un regard, la nouveauté d’une approche20 .

Ce qui avait été exclu réapparaît

En 2004, René Richard Cyr, alors directeur artistique du Théâtre d’Aujourd’hui, recherche un(e) remplaçant(e). Il téléphone à Marie-Thérèse Fortin. Elle pense qu’il souhaite l’intégrer au comité de sélection. Surprise, il veut en fait lui confier le poste de directrice artistique. Elle rencontre d’abord René Richard Cyr et Jacques Vézina, directeur général du théâtre, afin d’avoir un portrait de l’institution. Elle veut savoir où ils en sont, où ils veulent aller, s’ils ont un déficit important.

J’ai finalement accepté ce poste. Par contre, j’avais envie de faire quelque chose de fort. Consciente de mes forces et faiblesses, je voulais me mettre en danger. Le lieu du Théâtre d’Aujourd’hui semblait alors idéal pour vivre ce genre d’expériences.

Marie-Thérèse Fortin veut avoir du succès avec les saisons théâtrales qu’elle programme, mais elle ne veut pas sacrifier la parole des auteurs contemporains vivants. Elle lit chaque année entre 75 et 100 textes d’auteurs contemporains. Après avoir passé au comité de lecture, les textes les plus intéressants lui sont à nouveau soumis. Puis selon ce qui l’intéresse et l’orientation qu’elle souhaite donner à une saison, elle choisit en conséquence.

En ce moment, j’ai une vendange de textes et je me demande avec quels textes je vais faire mon vin cette année. Ma première action, c’est de faire entendre des voix d’auteurs contemporains et d’exprimer ce qu’ils ont à dire sur notre monde, sur notre société.

L’approche de Marie-Thérèse Fortin est de privilégier l’écoute des gens  les artistes qui vivent et le public qui entre dans ce théâtre. À son contact, on ressent une honnêteté et une intelligence dans sa démarche artistique et de gestion. Pour choisir les bons textes, elle n’a pas de recette unique. En effet, elle précise qu’être directeur artistique demande beaucoup de flexibilité ainsi qu’une grande capacité de réaction et de gestion du risque.

Il est impossible de savoir ce qui peut être intéressant d’une saison à l’autre. Il suffit qu’un texte magnifique tombe sur mon bureau et que celui-ci soit à l’heur du moment pour changer de direction. Les saisons ne sont donc jamais déterminées d’avance. Elles se construisent en permanence.

Le choix des textes n’est pas le seul facteur de réussite d’une pièce et plus largement, d’un théâtre. Pour monter un chef-d’œuvre, il faut également trouver le metteur en scène qui saura respecter à la fois le texte, les acteurs et l’esprit du théâtre. Marie-Thérèse Fortin trouve un tel équilibre en créant un espace de liberté et d’échange avec le metteur en scène. Le choix du metteur en scène est donc une grande responsabilité car la moindre erreur affectera la crédibilité de tous.

Le choix du metteur en scène est très important. Il faut qu’il voit la même chose que l’auteur et que moi. Il doit se mettre au service de la parole de l’auteur. Puis, lorsque le metteur en scène sera prêt, je vais aller en salle de répétition pour voir. Je suis leur premier témoin, leur premier spectateur. Et là, on parle; je pose des questions. Je ne vais jamais dire : « Ne fais pas ça. » C’est un lieu d’auteur ici. Il y a l’auteur du texte et l’auteur de la pièce. Mais on doit me laisser un espace pour que je puisse poser des questions, un espace d’échange.

La liberté et l’échange sont donc deux mots clés de sa manière de gérer. En effet, Marie-Thérèse Fortin explique qu’avec le métissage de ses pratiques artistiques, elle a appris à ne pas ignorer ce qui se fait dans les autres champs artistiques. Si elle veut pouvoir témoigner des nouvelles formes d’expression et de création au théâtre ainsi qu’exposer des langage différents, elle a besoin de liberté et d’échange. Selon elle, cette ouverture permet de ne plus raconter les histoires de la même manière.

En perpétuel étonnement

Je ne sais pas ce que je ferai après. Jusqu’à maintenant, les choses me sont tombées dessus, puis je faisais « ah! ». Je suis en perpétuel étonnement. Plus j’avance, plus je me rends compte que je ne sais rien, parce que je découvre la multitude du savoir. Lorsque tu commences à apprendre, tu vois seulement un petit bout de paysage, puis plus tu avances, plus le drap se lève sur la toile et plus tu vois le paysage. C’est large.

Se laissant surprendre, Marie-Thérèse Fortin se retrouve alors à enseigner des cours de diction, puis des cours de jeux au Conservatoire de musique durant deux ans. Une dame, qui enseignait au Conservatoire de musique à Québec, a téléphoné à Marc Doré et lui a demandé de lui référer quelqu’un. Marie-Thérèse Fortin prend alors exemple sur l’enseignement de son professeur de poésie du Cégep de Matane. Elle ne veut pas leur apprendre quelque chose, mais faire une démarche d’apprentissage avec eux.

Je suis devenue professeure, par une suite d’accidents successifs. Avec l’étudiant, nous cherchons ensemble des exemples pour comprendre ce qui pourrait l’aider à s’améliorer en tant que chanteur. La difficulté des chanteurs d’opéra, c’est la diction. Je corrigeais avec eux cette bouillie, je leur apprenais à prononcer. J’ai aimé ce métier d’enseignante. Je suis également amoureuse des mots et de la chanson.

Depuis maintenant 15 ans, Marie-Thérèse Fortin redonne également vie et voix à la grande « dame en noir » de la chanson française, Barbara21 . Pour son spectacle, Marie-Thérèse Fortin précise toutefois qu’elle est davantage une diseuse, une personne qui récite, qu’une chanteuse. Elle aime les paroles intenses de la chanteuse dont les textes abordent des thèmes comme la désillusion, le désenchantement, la renonciation, l’amour et le goût de vivre. Elle découvre quelqu’un qui lui ressemble et s’en inspire.

À 18 ans, j’ai eu le coup de foudre pour Barbara. Lorsque j’ai entendu L’aigle noir en sirotant un café dans un bistrot de Matane, j’ai eu comme une révélation. Je buvais les paroles de chaque chanson. J’étais complètement transportée par sa voix si particulière et fascinée par la personnalité de cette auteure-compositrice. Le fait que Barbara soit l’amie de Brel, Brassens et Ferré ajoutait à son aura22 . Elle demeure pour moi un modèle de résilience.

Entre les théâtres, les studios de télévision, la direction artistique et maintenant les scènes destinées à la chanson, Marie-Thérèse Fortin fait son chemin depuis plus de 25 ans. Inspirée et guidée par différents mentors, elle a mené une carrière pleine d’expérience. Toutefois, artiste polyvalente, elle ne veut pas s’écarter de sa carrière de comédienne et de metteur en scène. Pour elle, ses défis se situent désormais sur le plan du travail personnel. Elle ne redoute plus la critique, sinon la sienne envers elle-même.

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  • Rôles au théâtre
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  1. Fabienne Couturier, « Marie-Thérèse Fortin, pour l’amour de Barbara », La Presse, 15 octobre 2005.
  2. Sauf indication contraire, les citations proviennent d’une entrevue accordée aux auteurs le 30 janvier 2006.
  3. Michel Marc Bouchard est né en 1958 au Lac-Saint-Jean. Pendant des études en tourisme au cégep de Matane, il écrit et monte ses premiers textes. Il termine son baccalauréat en théâtre à l’Université d’Ottawa en 1980 et œuvre dans les différents théâtres francophones de l’Ontario en tant qu’auteur et acteur. En 1988, le succès des Feluettes ou La répétition d’un drame romantique (prix du Journal de Montréal et prix d’excellence du Cercle littéraire de l’Outaouais) lui donne accès à d’autres scènes canadiennes et à d’autres continents. Récipiendaire de nombreux prix, Michel Marc Bouchard est un personnage important pour la dramaturgie québécoise. (Source : www.cead.qc.ca/repw3/bouchardmichelmarc.htm)
  4. Félix-Antoine Savard (1900-1982) : Prêtre colonisateur, Félix-Antoine Savard a exercé son ministère au Saguenay, en Abitibi et dans la région de Charlevoix. Son livre Menaud, maître-draveur a été publié en 1937 et fait partie des classiques de la littérature canadienne-française. Ce livre « est né de la rencontre d’un homme réel, du patriotisme avoué de l’auteur et de sa culture enracinée dans les forces profondes de la survivance française en Amérique. Qualifiée par la critique d’œuvre épopée, de poème en prose, de roman à thèse, c’est aussi l’œuvre d’un échec pathétique. Même en s’attachant avec force aux traditions d’un Québec fermé sur lui-même, ainsi protégé contre l’assimilation anglaise, rien ne peut figer le temps et faire en sorte que rien ne change. Si le projet de célébrer le peuple forestier et paysan de Charlevoix, en exaltant l’idéologie nationale, tient en lui-même une grande partie du projet littéraire de monseigneur Savard, le temps n’a pas épargné les idées qui soutenaient son projet littéraire ». (Source : http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca/recherche/desclaureat.asp?noLaureat=73)
  5. Surréalistes : Mouvement littéraire et artistique qui se situe entre les années 1924 et 1945. C’est André Breton en 1924 avec son Manifeste du surréalisme qui établit le caractère de ce courant. Les surréalistes sont connus pour leurs usages insolites et leurs rapprochements surprenants. Ils cherchent constamment à transcender la logique et la pensée ordinaire. (Source : Petit Robert des noms propres)
  6. Paul Éluard (1895-1952) : Poète français, il fait la rencontre d’André Breton, d’Aragon (poète et écrivain français), de Tzara et de toute leur bande après la Première Guerre mondiale. Avec eux, il adhère au mouvement dadaïste, puis aux surréalistes. Il est connu pour ses recueils de poésie célébrant l’amour fou comme dans Capitale de la douleur (1926), L’Amour, la poésie (1929) et La Vie immédiate (1932). (Source : Petit Robert des noms propres)
  7. Louis Aragon (1897-1982) : poète, écrivain, essayiste, critique d’art et polémiste français, il a fait partie, avec Paul Éluard, du mouvement dadaïste, et s’en détachera en 1921 pour fonder le mouvement surréaliste. Ses talents de créateur aux visages multiples ont inspiré plusieurs compositeurs de chansons, dont ses poèmes tirés du Roman inachevé (1956). (Source : Petit Robert des noms propres)
  8. Établie à Montréal depuis 1960, l’École nationale de théâtre du Canada est l’une des rares écoles à offrir une formation professionnelle dans toutes les disciplines du théâtre, soit l’interprétation, l’écriture dramatique, la mise en scène, la scénographie et la production, et ce, autant en français qu’en anglais. La formation dure entre deux et quatre ans, selon la discipline choisie. L’école est également propriétaire du Monument-National, situé sur la rue Saint-Laurent depuis 1883, voué aux arts de la scène. Depuis 1970, l’école occupe les locaux du 5030, rue Saint-Denis. (Source : http://www.ent-nts.qc.ca)
  9. Le Conservatoire d’art dramatique de Québec a été fondé en 1958. Son premier directeur fut Jean Valcourt, un sociétaire de la Comédie-Française à Paris (voir le cas La Comédie-Française : les années Jean-Pierre Miquel (1993-2001) écrit par Patrick Leroux et Laurent Lapierre, HEC Montréal, Centre de Cas). « Dès le début, le Conservatoire d’art dramatique de Québec est à l’écoute du milieu dans lequel il œuvre. Dans les années 1960, il n’y a pas, à proprement parler, de milieu théâtral à Québec : il y a très peu de théâtres (le Théâtre du Trident n’a été créé qu’en 1970), pas de production télévisuelle et très peu de productions radiophoniques. Les diplômés du Conservatoire quittent donc presque tous Québec pour Montréal. Devant cet état de fait, le Conservatoire décide de mettre un accent très fort sur la création, afin que les élèves puissent non seulement exercer leur métier d’interprète, mais aussi créer leur propre emploi et continuer à vivre de leur art dans leur ville. C’est ainsi que le Conservatoire d’art dramatique de Québec est devenu la première école au Québec à enseigner le théâtre de création. Parallèlement, une section scénographique a été ouverte afin de pallier l’absence de formation dans cette discipline. Grâce à cette politique, un milieu théâtral stable peut désormais s’établir dans la capitale. »(Source : http://www.conservatoire.gouv.qc.ca/cadq/historique.html).
  10. Source : http://www.conservatoire.gouv.qc.ca/cadq/historique.html.
  11. Voir le cas Robert Lepage : Who’s this nobody from Québec? de Louise Gagné et Laurent Lapierre, HEC Montréal, Centre de cas.
  12. Formé au Conservatoire d’art dramatique de Québec et chez Jacques Lecoq à Paris, Michel Nadeau est comédien, metteur en scène et auteur de théâtre. Membre fondateur du Théâtre Repère en 1980, il joint les rangs du Théâtre Niveau Parking en 1987 et en devient le directeur artistique. Enseignant au Conservatoire, il en est également le directeur depuis 1996.(Source : http://www.cead.qc.ca/repw3/nadeaumichel.htm)
  13. Plan de développement du Théâtre du Trident pour les années 2001 à 2003.
  14. Productions le cinéma.ca (2004-2009), Fiche biographique de l’artiste Marie-Thérèse Fortin, http://www.lecinema.ca/artiste/4677/, consulté le 1er février 2009.
  15. www.theatredaujourdhui.qc.ca
  16. Demande de subvention 2005-2006 du Théâtre d’Aujourd’hui.
  17. Source : http://www.theatredaujourdhui.qc.ca/
  18. Source : Jean Saint-Hilaire, « Marie-Thérèse Fortin au Théâtre d’Aujourd’hui », Le Soleil, 27 mars 2004.
  19. Demande de subvention 2005-2006 du Théâtre d’Aujourd’hui.
  20. Demande de subvention 2005-2006 du Théâtre d’Aujourd’hui.
  21. Barbara, née Monique Andrée Serf est une chanteuse française (1930-1997) que l’on surnomme encore la Dame en noir. Ce nom lui fut attribué à cause de sa grande taille, de ses vêtements noirs, de ses cheveux de jais et de son teint pâle. Elle dégageait une image de mélancolie d’amoureuse triste que l’on retrouve dans les textes de ses chansons.
    (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara)
  22. France Pilon, « Vacances avec Barbara », Le Droit, 11 février 2005.