Isabelle Hudon et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain : Briser les traditions

Centre de cas HEC Montréal
Ce cas présente le parcours exceptionnel d’Isabelle Hudon, femme d’affaires québécoises. Après un long séjour comme présidente et chef de la direction à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, elle prend ensuite la direction de la firme montréalaise Marketel puis de celle de la Financière Sun Life au Québec.
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C’est en toute simplicité qu’Isabelle Hudon nous a reçus au Centre de commerce mondial de Montréal qui abrite les bureaux de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Elle nous a néanmoins avoué d’entrée de jeu qu’elle n’aime pas parler à la première personne. Malgré tout, elle s’est prêtée à l’exercice avec générosité et, une fois l’entrevue en route, nous avons découvert une femme d’une vivacité d’esprit et d’une énergie peu communes.

De l’énergie et de la vivacité, il lui en faut puisque depuis janvier 2005, Isabelle Hudon est présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (La Chambre), le plus important organisme privé au Québec voué au développement économique. Elle est la première femme à occuper ce poste depuis la création, il y a bientôt deux cents ans, de cet organisme sans but lucratif qui représente les intérêts de quelque 7 000 membres1. Ce qui n’est pas peu dire quand on sait que Benoit Labonté figure parmi ses prédécesseurs.

Se hisser si haut à l’âge de 38 ans relève de l’exploit, surtout dans le milieu des affaires. Elle y est aujourd’hui appréciée et très respectée pour ses grandes qualités que tout leader, homme ou femme, souhaite posséder. D’ailleurs, les membres du conseil d’administration de la Chambre ont fait un choix audacieux en faisant entrer de plain-pied dans une chasse gardée masculine une femme avec du tempérament, jeune, belle, qui déteste la langue de bois et refuse de marier vie professionnelle et vie privée. Isabelle Hudon est en effet la première femme nommée présidente et chef de la direction de la Chambre. Auparavant, quelques femmes, dont Paule Doré2 et Manon Vennat3, entre autres, avaient réussi à percer à la tête de cet organisme en accédant à la présidence du conseil d’administration.

D’où vient cette femme dont l’assurance et la force de caractère commandent le respect? Où puise-t-elle la conviction que Montréal, l’insulaire, le centre névralgique du Québec, la seule métropole nord-américaine francophone, n’a rien à envier à certaines des plus grandes villes du monde? Pourquoi a-t-elle consenti à se mettre à son service en étant à ce point persuadée que la mission de la Chambre est vitale pour la mise en valeur de la métropole? Malgré toutes les exigences de ses fonctions, pourquoi estime-t-elle que la Chambre doit sa notoriété et son prestige au travail de l’équipe qui l’entoure?

Les débuts d’une pionnière

Sans qu’elle s’y attende, Jacques Parisien, qu’Isabelle Hudon considère comme son mentor, lui propose au début de 2006 de soumettre sa candidature pour le Canada’s Top 40 under 40. Ce programme d’envergure nationale mis sur pied par Caldwell Partners, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres, salue le leadership de différentes personnalités canadiennes issues de tous les milieux. L’initiative vise à promouvoir le mentorat et le professionnalisme de dirigeants canadiens qui se sont le plus illustrés dans leur domaine et qui représentent un modèle pour la jeune génération. Le 2 mai suivant, le quotidien torontois Globe and Mail publiait officiellement la liste des lauréats. Le nom d’Isabelle Hudon y figurait, bel et bien.

Plus que tout autre élément, c’est la personnalité d’Isabelle Hudon qui assure son succès. Sans prétention ni hauteur, elle se définit comme étant d’abord une femme d’action, qui aime faire avancer les choses, susciter les débats d’idées, exercer une réelle influence sur les mentalités. Entrée à la Chambre en 2002, elle y a gravi les échelons à une vitesse remarquable, occupant tour à tour les postes de directrice des communications, de vice-présidente, Stratégies et communications et de vice-présidente à la direction. Elle avoue avoir reçu l’offre de diriger la Chambre comme une belle surprise, un cadeau inouï.

Les autres chambres de commerce n’ont ni les mêmes moyens, ni le même nombre de membres, ni la même cause. Parce que nous représentons la grande région de Montréal, notre mission et nos actions sont forcément différentes4.

Depuis son entrée en fonction, Isabelle Hudon consacre toutes ses énergies à mettre la Chambre au service de « sa cause », Montréal, dont elle vante les mérites sur toutes les tribunes à chaque occasion. Il ne faut pas s’y méprendre. Cela n’a rien à voir avec la nécessité de faire la promotion d’un thème porteur ou de répéter un slogan qui sonne juste. Son affection pour Montréal, qu’elle considère comme l’une des plus belles villes du monde, est sincère.

J’ai grandi à Beauharnois. Quand j’étais petite, on venait de temps à temps à Montréal. C’était la grande ville. Pourtant, c’est vrai que Montréal, ce n’est pas grand, puis vibrant 24 heures sur 24 comme Paris, comme New York. Ce n’est pas Barcelone, mais c’est Montréal. Tu as une qualité de vie, la verdure, l’accès au bord de l’eau, tu es à une heure des belles montagnes, tu te sens en sécurité à peu près n’importe où. Il y a de bons emplois, des personnes accueillantes, une communauté tolérante, puis ce côté latin, cette diversité de langues, de cultures, cette capacité de bien vivre nos différences tous ensemble. Moi c’est ce qui m’attire vers Montréal, qui en fait une cause gagnante. J’aime bien l’expression qui dit que Montréal est une ville d’exceptions.
J’ai beaucoup voyagé, j’ai vu des lieux magnifiques et inspirants, notamment pendant cette année où mon conjoint étudiait à l’INSEAD5. Mais il n’y a aucune ville où je me suis sentie aussi bien et en sécurité. C’est un grand luxe d’élever un enfant en toute quiétude au milieu de la verdure, à 15 minutes du centre-ville6.

Diriger avec les trois A : Authenticité, Audace, Ambition

Je dégage la confiance qu’on me témoigne. Et la confiance que je dégage est égale à celle que me renvoient mes employés, mon conseil d’administration et les joueurs sur le terrain.
J’ai besoin de gens qui peuvent remettre mes idées en question. Je ne me sens pas en confrontation avec eux. Ce sont des partenaires. J’ai besoin d’un conseil d’administration fort et présent dans la communauté pour me donner accès, crédibilité et notoriété. Quand ils m’ont nommée, je leur ai dit : moi, je ne suis pas connue et j’ai besoin que vous me reconnaissiez publiquement pour que je devienne quelqu’un de public. Je ne peux pas porter la Chambre seule. Je suis une fille d’équipe à tous les niveaux. La force d’une équipe réside dans sa complémentarité : des hommes et des femmes de tous âges et d’horizons professionnels différents.

L’assurance de pouvoir compter sur une équipe solide, composée de gens qualifiés a fait toute la différence au moment d’accepter ses nouvelles responsabilités.

D’une moyenne d’âge de 35 ans, ils ont la mobilité de leur génération. Avec leurs talents, ils peuvent travailler n’importe où. S’ils ont opté pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, c’est qu’ils y trouvent une qualité de vie qui leur convient, un espace où exprimer leur créativité7.

Si Isabelle Hudon réussit à favoriser l’initiative et l’engagement des gens qui l’entourent, elle ne s’identifie pourtant pas au gestionnaire classique.

J’estime que je suis un leader non conventionnel. Je n’ai qu’un style dans la vie. Il est le même dans ma vie privée que dans ma vie publique. Je suis authentique, audacieuse et ambitieuse. Chaque matin, je veux être capable de me regarder dans le miroir et de vivre avec mes opinions, même si ça ne convient pas à tout le monde, même si c’est parfois dur pour les autres. What you see is what you get! L’authenticité force à avoir de la force, de la cohérence. Ce qui est difficile parfois. Je suis ambitieuse de réussir partout, au travail, dans la vie, en amour, de faire une différence. Je ne m’en cache pas. Je suis audacieuse parce que je déteste les conventions. Je suis aussi tout à fait consciente que l’audace mal placée peut devenir de la mauvaise ambition et je ne dirige pas pour le simple plaisir de me faire entendre.
J’aime développer de nouvelles façons de faire, briser les modèles, faire les choses autrement, penser à l’extérieur de la boîte. Je pousse beaucoup mes employés à être audacieux.
C’est un style de gestion qui suscite l’engagement et l’attachement, parce qu’il permet à chacun d’être fier de ce qu’il fait pour l’organisation… J’ai comme prémisse d’inciter tous les employés à laisser aller leur créativité, et ils apprécient cela8.

L’enfance

Isabelle Hudon a fait son chemin en défiant toutes les normes. Ce parcours atypique, qu’elle qualifie de particulièrement ardu, lui a procuré des munitions inestimables. Pas étonnant que, jusqu’à sa nomination à la tête de la Chambre, ses parents se soient longuement interrogés sur l’avenir de leur cadette. C’est que leur fille ne semblait pas très à son aise pour suivre un parcours professionnel classique alors que leur fils possédait une concession automobile florissante et était devenu un entrepreneur prospère.

Née le 18 février 1967, Isabelle Hudon a grandi à Beauharnois, un village où les gens vivaient modestement en travaillant dans le secteur de la métallurgie, des produits chimiques ou encore dans les usines de charbon ou à la centrale d’électricité. Elle est élevée dans un environnement familial stable, aux valeurs traditionnelles. Sa mère, Colombe Dagenais, est une femme plutôt discrète. Pendant 35 ans, elle a enseigné les mathématiques, y compris à sa fille qui a été une de ses élèves à sa première année de secondaire. Son père, Jean-Guy Hudon, professeur d’histoire et de géographie, prend rapidement goût à la gestion et dirige la Commission scolaire de Beauharnois. Après avoir évolué quelques années en politique municipale comme échevin et maire, il devient, en 1984, député conservateur de la circonscription fédérale de Beauharnois-Salaberry. L’homme ne tient pas en place et, bien qu’il jouisse aujourd’hui d’une retraite bien méritée, il ne demanderait pas mieux que de se lancer dans un nouveau projet. De lui, Isabelle Hudon estime avoir hérité la fougue, la vitalité, une capacité d’agir avec fermeté. Sa mère, en outre, lui a inculqué des valeurs qu’elle qualifie d’essentielles: le respect, le partage, l’ouverture d’esprit et l’humilité.

Ma mère était stricte. Sur une rebelle comme moi, elle avait peu d’emprise. Je peux dire que la discipline que ma mère nous imposait à mon frère et moi nous a donné de solides valeurs et que mon père nous a fourni une zone dans laquelle nous pouvions plus facilement naviguer.

Enfant, Isabelle Hudon est dégourdie, très sociable. Elle a du tempérament, le sens de la répartie. Plus à l’aise avec les adultes, elle l’est aussi en compagnie d’amis beaucoup plus vieux. Leur maturité, leurs sujets de conversation aiguisent sa curiosité, son intérêt. Elle refuse de se conformer aux conventions et s’adresse à son grand-père en usant de son prénom, Georges, alors que l’usage veut que tout le monde le vouvoie. Elle est forcée de suivre des cours de piano pendant dix ans, et ses professeurs se rendent vite à l’évidence : lui enseigner le solfège équivaut à courir à l’échec puisqu’elle n’a pas d’oreille et manque d’intérêt.

Elle entretient une relation étroite avec ses cousins, qui ont le même âge qu’elle et son frère, et qui sont voisins. Ils sont toujours très liés. D’ailleurs, sa cousine est toujours sa meilleure amie; et son frère et son cousin ont fondé une entreprise ensemble.

Isabelle Hudon ne craint pas l’affrontement, accepte la réprimande. Adolescente, elle est curieuse, débrouillarde et a soif d’aventure. Ses parents, qui la savent dépensière, l’encouragent à se débrouiller pour gagner un peu d’argent de poche. Comme elle réussit très bien à l’école sans déployer de grands efforts, elle accepte toutes sortes de petits boulots et travaille tous les jours entre trois et cinq heures de l’après-midi. Chaque été, elle trouve un nouvel emploi : responsable du classement de dossiers dans un bureau d’assurance, vendeuse de chaussures, préposée à la caisse chez IGA, employée dans un club de racquetball. Elle se plaît tellement à travailler qu’elle aura peine à contenir son envie de s’y investir tout de suite. À contrecœur, elle consent à passer deux étés dans un camp d’été d’immersion anglaise près de North Bay, en Ontario. Ses parents, loin d’être dupes, savent que leur fille a besoin d’un encadrement rigoureux.

Ce qui m’a sauvée, c’est que mes parents avaient un chalet dans les Laurentides. Chaque vendredi, on passait chercher mon frère au Collège de Laval, on prenait la route pour les Laurentides. On passait le week-end dans le Nord et on revenait tard le dimanche soir. Je dis toujours que c’est probablement cette dynamique-là qui m’a empêchée de faire des mauvais coups. Mes parents me sortaient de mon environnement quotidien. Ils m’avaient inscrite à une école d’entraînement de ski le samedi et le dimanche. Ils me gardaient occupée. C’est exactement ce que je fais avec mon fils. Je l’ai mis sur des patins à l’âge de deux ans. Aujourd’hui, il est un excellent joueur de hockey.

L’école

J’ai commencé à travailler très jeune. J’ai fini mon cégep. J’ai fréquenté cinq universités et je peux vous dire lequel des campus est le plus agréable et le plus accueillant… Mais j’ai presque échoué tous mes cours, sauf trois que j’ai réussis avec des notes de 98 %. Je n’ai pas de diplôme. Je n’avais pas la patience.

L’école a toujours été un calvaire pour Isabelle Hudon qui donne du fil à retordre à tous ses professeurs. Dans une salle de classe, elle a de la difficulté à tenir en place; elle est impatiente, pressée de passer à autre chose. À bout de nerfs, frustrés de devoir constamment sévir contre une élève qui affiche de très bons résultats, ses professeurs l’expulsent régulièrement de la classe. Elle aboutit chez le directeur, sommée chaque fois d’expliquer pourquoi elle a manqué d’attention, dérangé la classe, dérogé aux règles. Les carcans de la discipline l’étouffent. « Je pense que j’étais une candidate au Ritalin. »

Un de ses professeurs, M. Bergeron, conscient de sa vivacité d’esprit et de son intérêt pour l’action, entreprend de lui offrir d’autres possibilités. « C’est celui qui était le plus conventionnel, un de mes professeurs de cinquième secondaire. Sévère, de l’ancienne école… Il m’a marquée. Je le dérangeais tellement que le vendredi après-midi il disait, bon, madame Hudon, la classe est à vous! À la fin de la journée, j’étais épuisée. »

Isabelle Hudon termine ses études secondaires sans grand enthousiasme et entre au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal. C’est la catastrophe! Elle déteste cet environnement où les règles sont strictes et le programme, décidément plus axé sur le développement intellectuel que sur les activités sportives ou artistiques, ne lui procure aucune motivation. Les longues heures de lectures et de travail scolaire usent sa patience.

Mon plus grand malaise a été d’apprendre à gérer l’autorité. Un professeur qui parle, qui estime qu’il détient la grande vérité, j’avais de la difficulté avec cette relation-là.

Pragmatique, elle a soif de découverte, d’aventure. Au bout d’un an, elle s’inscrit au cégep de Valleyfield, la même institution d’où sont issus le cardinal Paul-Émile Léger et Marcel Brisebois, entre autres. L’approche de l’établissement est plus souple et favorise l’autonomie et la créativité. Isabelle Hudon s’y plaît.

Son diplôme d’études collégiales en poche, Isabelle Hudon demeure réaliste et reconnaît qu’elle n’est pas faite pour les bancs d’école. « C’est à partir du cégep que j’ai commencé à me dire que ça ne marchera pas pour moi à l’université. » Forte en mathématiques, dotée d’un grand sens de l’observation, curieuse, elle explore tout de même différentes possibilités. C’est ainsi que, tout en travaillant à temps partiel, elle fréquente plusieurs universités, dont celles de Montréal et d’Ottawa, où elle suit une formation en administration et en sciences économiques.

La confiance

Isabelle Hudon se compare à ces autodidactes qui s’épanouissent davantage à l’école de la vie. Au fil des ans, ses multiples expériences sur le marché du travail lui ont procuré un réel terrain d’apprentissage, lui permettant de faire la connaissance de personnes qui ont exercé une grande influence dans sa vie professionnelle.

Monique Landry9 m’a ouvert les horizons d’une vie beaucoup plus complexe que ce que j’avais connu dans ma petite ville de Beauharnois. Elle m’a ouvert les yeux sur la vie personnelle et professionnelle quand j’avais 20 ans. Elle m’a donné une chance inouïe. Monique Lefebvre10 m’a marquée par l’importance de la reconnaissance et de la confiance qu’on peut donner à quelqu’un, des ingrédients qui font la différence pour stimuler la performance d’un individu. Jacques Parisien11 est un grand sage qui a cru en moi. Jamais quelqu’un ne m’a autant convaincue de faire appel à des compétences que je ne pensais pas posséder. Je dirais que c’est lui qui m’a véritablement appris le sens du mot leadership. La bonne dose de détermination, d’audace et de « je-m’en-foutisme » avec la bonne dose de respect et de rigueur.

Au fil de ses multiples expériences, Isabelle Hudon trouve sa place. Il aura d’abord fallu qu’elle apprivoise les coulisses du pouvoir en organisant les campagnes de financement et de recrutement de l’aile québécoise du Parti conservateur dans la région de Montréal. Au bout de deux ans, quand elle cherche un nouveau défi, Jean-Guy Hudon, inquiet de voir sa fille tergiverser, persuade Monique Landry, une de ses grandes amies, de lui accorder un entretien. Celle-ci est alors ministre des Relations extérieures et du Développement international dans le cabinet de Brian Mulroney.

Heureusement que je ne savais pas dans quoi je me lançais, sinon j’aurais eu le vertige! J’aurais dit non. Je me suis dit, je vais me stabiliser. Je ne me doutais pas qu’en me joignant au personnel politique, je n’aurais pas une vie normale, même pas une fin de semaine à moi. J’avais un chalet et un bateau à Saint-Adolphe. J’y débarquais les fins de semaine, complètement déconnectée de la réalité, du quotidien de mes amis. J’étais là, je parlais des grands enjeux nationaux. Mes amis, qui fréquentaient l’université, me disaient de me détendre, de faire du ski nautique, de laisser mon cellulaire, mon stress et ma pagette de côté.

L’intensité qui règne au sein du cabinet ministériel n’a rien à voir avec ce que la jeune femme a connu auparavant. Constamment sur le qui-vive, il lui faudra apprendre à réagir vite, à faire preuve d’efficacité, à aiguiser son jugement et sa critique. Et puis, Monique Landry, responsable de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)12, voyage tout le temps. L’attachée de presse découvre des pays étrangers dont elle connaît à peine les us et coutumes, les structures politiques et économiques. Pour la première fois, elle est confrontée à la famine, la guerre, la maladie, la pauvreté, la corruption et la démesure. L’apprentissage est à la fois rude et formidable.

Monique Landry a été la première à me faire confiance, à me donner autant de place dans ses réalisations et beaucoup de reconnaissance. Mais il y avait également un côté très maternel à cette relation, avec tous les bons côtés. Elle était bien avec moi. Elle me le disait et je le sentais. Je ne m’en apercevais pas vraiment à l’époque, mais j’apprenais. C’était l’université de la vie. J’avais tellement de latitude. Je pouvais demander ce que je voulais, aller où je voulais. J’étais choyée. Elle ne sortait jamais sans moi ou son chef de cabinet.

Elle va s’investir avec autant de passion chez BCE, quelques années plus tard. Jean Monty, alors président et chef de la direction de la société mère de Bell Canada, voit de grandes possibilités et engage plusieurs millions de dollars dans une stratégie de convergence qui vise à améliorer les produits et les services de communication au sein de la compagnie. Bell Globemédia voit alors le jour et fait l’acquisition du quotidien torontois Globe and Mail, du réseau de télévision CTV et du plus important fournisseur d’accès Internet Sympatico-Lycos.

Je ne suis pas sûre que je vais vivre ça une autre fois, une acquisition de cette taille-là. J’étais l’une des huit personnes qui, pendant quelques mois, étaient au cœur des pourparlers de cette grande transaction. Pour Alain Gourd, les communications étaient primordiales. Il m’amenait partout. J’ai appris beaucoup sur l’acquisition d’une entreprise publique, les secrets qui entourent une telle transaction, le montage financier. J’ai été aux premières loges de la haute finance, de la haute stratégie. J’ai été au cœur de tout ça.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Isabelle Hudon ne cache pas qu’elle a d’abord parlé à son fils Arnaud avant d’accepter le poste de présidente et chef de la direction de la Chambre. Elle voulait qu’il comprenne l’importance du changement qui allait transformer leur vie.

Le lien qu’on a avec un enfant est totalement différent des autres liens qu’on entretient dans la vie. J’ai bien sûr parlé avec mon conjoint des conséquences de ma décision. Mais avec mon fils, j’ai parlé de ma nomination pour qu’il soit en mesure de partager mon rêve. J’ai dit : « Arnaud, maman a un grand rêve devant elle, puis je vais mordre dedans, mais il y a des conséquences aussi. Toute décision a des conséquences. »
Je suis choyée d’avoir un enfant avec le poste que j’occupe. « Il n’y a rien de mieux qu’un enfant pour nous faire apprécier la vie et nous ramener sur terre », disait-elle d’ailleurs à La Presse en juin 2005.

Isabelle Hudon a un enthousiasme communicateur. Benoit Labonté13, qui est alors vice-président exécutif de la Chambre, l’a bien compris quand il lui offre de diriger le Service des communications en janvier 2002. Celle-ci hésite. Elle occupe des fonctions similaires au Comité de transition des fusions municipales, où Monique Lefebvre lui a confié de grandes responsabilités tout en lui donnant les coudées franches pour gérer le dossier le plus délicat de l’heure.

C’est une femme qui est bulldozer. Mais elle gérait un comité de transition éclaté. Les membres qui y siégeaient étaient là pour toutes sortes de raisons. Elle devait composer avec les nominations politiques, la pression des élus. Je me souviens, dans les premiers articles qu’on avait publiés sur elle, on l’avait décrite comme étant une main de béton dans un gant de fer! Quand nous nous sommes rencontrées, je lui ai dit : « Vous avez besoin d’une équipe de communications à temps plein pour la prochaine année. Si vous voulez les conseils d’une personne deux jours par semaine, vous vous trompez. Ce ne sera pas moi… » Je lui ai dit que si nous voulions communiquer correctement avec la population, les médias et les élus, il fallait être bien équipé. Monique Lefebvre est celle qui m’a fait comprendre l’importance que la confiance joue dans la performance. Monique m’a accordé une confiance pure tous les jours, même dans les moments les plus difficiles.
Le comité de transition a été un extraordinaire mandat. Tu es obligée d’apprendre le territoire, tu es obligée d’apprendre rapidement les enjeux. Tu as les enjeux de relations de travail, les enjeux économiques, les enjeux des élus, les enjeux culturels, tout. Et c’est là vraiment que j’ai mordu dans la possibilité de Montréal.

Benoit Labonté voit grand! Et il mise sur les forces d’Isabelle Hudon pour le seconder et concrétiser le mandat que le conseil d’administration de la Chambre lui a confié. Il faut transformer l’organisme, le mettre au diapason de l’économie du nouveau millénaire. En clair, la Chambre doit être un miroir de la société dans laquelle elle évolue, branchée sur la diversité culturelle qui la compose, ouverte à l’innovation, attentive aux besoins de sa population immigrante autant qu’à ceux de ses résidents permanents. Elle doit être de son époque et procurer des occasions à ces jeunes cerveaux et fournir aux entreprises de réelles possibilités d’élargir leur réseau de contacts et d’affaires.

L’ampleur de la tâche est colossale. La Chambre a besoin de se renouveler. Il faudra bouleverser les habitudes, bousculer les chasses gardées, sortir des sentiers battus. Qu’à cela ne tienne : Isabelle Hudon a un goût pour le risque qui finit par l’emporter sur ses réticences.

Quand je suis arrivée là, j’ai vécu un reality check! Tout était à faire; c’était exaltant parce que Benoit Labonté et moi combinés, c’est plus que de l’énergie à revendre. On est allés étape par étape et surtout des étapes intelligentes dans la bonne séquence. On s’est attaqués à une planification stratégique. Et en parallèle, on s’est attaqués également à toute une révision de la gouvernance.
Benoit m’a dit : « Je veux qu’on change la façon de voir les choses pour que, justement, la contribution de la Chambre soit plus constructive et responsable. » Alors, j’ai dit OK. Je me suis lancée là-dedans comme dans les autres défis. Quand mon intuition est là, j’y vais.

La firme Sécor reçoit le mandat de poser un diagnostic sur la santé de l’organisation. Des constats importants s’imposent. Pour être un porte-parole efficace de la communauté des affaires de la grande région de Montréal, la Chambre doit s’imposer davantage, avoir une plus grande visibilité. Dans un contexte économique de plus en plus complexe, elle doit prendre part aux véritables débats, quels qu’ils soient. La crédibilité de l’organisme en dépend.

« La crédibilité d’une organisation est d’abord fondée sur la force et la cohérence de son contenu », affirme Isabelle Hudon. Personne ne s’étonne quand aujourd’hui la Chambre se prononce sur de grands projets comme celui du déménagement du Casino de Montréal, qu’elle affiche son opinion sur le dernier budget provincial ou publie une grande enquête sur la place de l’entreprise privée dans le financement de la culture. La Chambre est devenue un carrefour où la petite comme la grande entreprise font plus que se croiser. Elle s’est résolument imposée comme un lieu d’entretiens et d’échanges.

On s’est dit, premièrement, il faut inverser la logique de l’analyse des enjeux. Arrêter de dire que quand les entreprises vont aller bien, c’est Montréal qui va bien aller. Se donner comme cause Montréal. Et se battre pour la croissance de Montréal. Il ne faut pas nier que les entreprises contribuent à la croissance de Montréal, mais en mettant Montréal d’abord, ça nous donnait un spectre beaucoup plus large d’intérêt. C’est là qu’on a commencé à parler de la cohésion sociale, de tout le volet de développement social, du volet culturel et tout en demeurant bien allumé sur le volet économique. Et là, veut, veut pas, par la force des choses, on s’est intéressé à une clientèle moins conventionnelle. On s’est dit qu’il ne faut jamais perdre de vue que notre organisation existe d’abord et avant tout grâce à son membership.

Chaque année, pas moins de 15 000 personnes provenant de plus de 4 500 entreprises, dont 1 200 PME profitent de séances de formation sur mesure, participent à des séminaires, se déplacent pour entendre des conférenciers de renom. Le Service à la clientèle répond à quelque 900 000 demandes acheminées par courrier électronique à son centre d’information. La Chambre organise de grandes missions commerciales à l’étranger : elles peuvent être dédiées au développement urbain et au transport collectif, ou encore à la vocation des banques multilatérales de développement, se dérouler en Chine, au Chili ou ailleurs. L’essentiel est de permettre aux gens d’affaires et aux entreprises d’explorer les possibilités de partenariats et de conclure des ententes et des contrats dans tous les milieux.

On avait calculé les risques. Parce que lorsqu’on fait un virage, qu’on donne un élan d’expansion à une organisation, qu’on repositionne sa mission, on s’était dit que probablement on allait perdre une certaine partie de nos membres. Mais on avait aussi calculé qu’en s’intéressant à différents enjeux, on irait chercher des gens moins axés sur le commerce. Notre membership conventionnel ne nous a pas laissé tomber, mais nous avons été chercher une nouvelle génération en âge, et en façon de penser et de voir les choses. Depuis 13 mois, on surpasse les objectifs qui étaient déjà très ambitieux. Il n’y a jamais eu un si fort taux de rétention.

Cette période de transformation est cruciale pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Toute sa structure change de fond en comble : modification de la structure administrative interne14, consolidation des filiales (Info entrepreneurs et World Trade Centre Montréal), amélioration de son image de marque, développement d’une gamme de nouveaux services convenant mieux aux besoins de la clientèle.

La Chambre prend résolument une nouvelle direction. Dès le printemps 2002, elle organise Montréal 2017 : une cité du monde de 375 ans15 , un important symposium auquel elle convie des experts de la métropole, du Canada et de l’étranger à échanger et à débattre de la nécessité de miser sur des objectifs communs, de mener des actions concrètes pour favoriser la croissance de la plus grande ville francophone d’Amérique du Nord.

Présidente et chef de la direction

Après 20 ans sur le marché du travail, Isabelle Hudon estime que son parcours lui a fourni un terrain fertile pour étoffer des compétences que peu de gens possèdent. Elle a entre autres eu à assurer le retour de la famille Mulroney dans la métropole après une décennie à Sussex Drive, et à gérer les communications de grandes entreprises telles que Bombardier, BCE Média et l’Agence spatiale canadienne. Véritable bourreau de travail, elle n’impose pas à son entourage de suivre son rythme.

Je carbure tellement que je donne le vertige à certains membres de mon équipe. Parce que moi, quand quelqu’un me pose une question, je prends moins d’une minute pour y répondre. Mon opinion n’est pas nécessairement tempérée. J’ose la donner parce qu’il n’y a rien de plus crédible qu’une opinion bien sentie. Tout le monde n’est pas forcément d’accord avec moi et puis tant mieux. Il n’y a rien de mieux que se faire challenger dans la vie. Par contre, je n’ai pas non plus de difficulté à admettre que j’ai tort.

C’est assurément cette transparence et cette grande franchise qui inspirent les membres du conseil d’administration de la Chambre lorsqu’ils proposent à Isabelle Hudon de devenir numéro un.

À la veille d’accepter le défi, une personne m’a dit : « Tu sais Isabelle, tu es un excellent numéro deux. Mais comme tu as choisi d’être numéro deux, tu ne seras jamais numéro un. » Je me suis donc mise à me motiver pour prouver le contraire. Je savais que ce travail était palpitant. J’avais toujours été aux côtés de Benoit Labonté depuis trois ans. Je la voyais la job, je la sentais bien. Et puis je me suis mise à lire sur les numéros deux qui deviennent numéro un. Un article de la Harvard Business Review16 disait que la très grande majorité des numéros deux sont équipés pour être des numéros un. Le secret, ce sont l’année ou les années qui précèdent le passage. Si la succession est bien préparée, ça ira.

Lucide, Isabelle Hudon n’accepte pas ce poste important à la légère. Elle prend le temps de bien mesurer le défi qu’on lui propose. À la suggestion du conseil d’administration et du chasseur de têtes recruté pour la conseiller, elle rencontre une psychologue industrielle. Elle s’astreint à douze longues heures d’évaluation, après avoir obtenu la garantie qu’elle seule pourra voir les résultats des tests qu’elle a subis.

Je le faisais pour moi, pour me connaître. Entre autres choses, elle m’a dit : « Isabelle, tu as une logique, mais non séquentielle. Elle ne suit pas une suite ordonnée. Tu parles, tu penses que tout le monde te suit, mais ce n’est pas nécessairement logique. » Depuis, je m’efforce beaucoup à mieux présenter mes idées.

Personne n’a réellement vu venir Isabelle Hudon. Malgré son franc-parler, sa facilité à entrer en contact avec les gens qu’elle connaît peu, elle demeure discrète et apprivoise encore la grande visibilité que lui confèrent ses fonctions.

Il fallait que j’assume mon rôle public de porte-parole et que je fasse la paix avec le fait de me lire et de m’entendre. J’avais un peu le syndrome de l’imposteur au début, où tu dis, qui suis-je pour donner mon opinion. Quand j’ai convoqué les journalistes la première fois que j’avais quelque chose à annoncer, je n’ai pas dormi de la nuit. Je me suis dit : « Qui suis-je pour les convoquer? » Il fallait parler du Bulletin de santé des données économiques. J’ai dû apprendre à faire ça.

Isabelle Hudon est convaincue que le pouvoir d’influence de la Chambre est plus grand aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été. Son savoir-faire, aussi unique que son discours, s’est renouvelé au moment où plusieurs acteurs importants de Montréal ont décidé de pousser à la roue et de joindre leurs énergies et leurs ressources pour faire croître Montréal.

Si ma cause est Montréal et que je crois au développement économique, social et culturel de la métropole, veut, veut pas, tu rayonnes plus large et tu en mènes plus large. Tu bâtis un réseau bien plus fort en nombre, mais en liens également.

Le conseil d’administration de la Chambre est d’ailleurs composé de représentants de la petite et de la grande entreprise, de gens du milieu social, culturel et économique. Tous sont plus intéressés à prêter main-forte qu’à ajouter une belle note à leur curriculum vitae. Ainsi, Lorraine Pintal échange et réfléchit sur le développement de Montréal avec John Parisella, Pierre Anctil, Hélène Desmarais, Larry Smith et Johanne Lépine, entre autres17.

Tout est possible

Isabelle Hudon sait qu’elle n’a pas emprunté la voie la plus facile. La sienne a été particulièrement cahoteuse. À son avis, les auteurs qui parlent du massacre des esprits ont raison de souligner le peu de mesures alternatives, de choix offerts à tous ces jeunes qui n’arrivent pas à s’adapter et à s’épanouir dans le milieu scolaire régulier. Elle insiste donc sur la nécessité d’entretenir un dialogue ouvert et constructif avec les étudiants de tous âges, en particulier avec ceux qui terminent leurs études secondaires, parce qu’il est primordial d’être à leur écoute, mais aussi de les encourager, quelles que soient les causes de leur malaise. En ce sens, L’opération Retour à L’école18 mise sur pied par la Chambre en 1997 s’efforce justement d’éveiller les jeunes à la nécessité de poursuivre leurs études et d’obtenir un diplôme afin d’être mieux préparés pour leur entrée sur le marché du travail.

Tout est possible dans la vie. Abandonner l’école ne veut pas dire que tu vas réussir automatiquement; ce n’est pas la voie qui assure le succès. Je ne la conseille pas. Je veux dire aux gens qui décident d’arrêter l’école que tout est faisable, mais c’est un chemin difficile, semé d’embûches, de pressions sociales. Moi, c’est à partir de ma dixième année sur le marché du travail que j’ai pu, que j’ai cessé d’être obligée d’expliquer pourquoi je n’avais pas de diplôme.

Faire preuve de tempérament est aussi un trait de caractère dont a hérité son fils. Mais Isabelle Hudon estime que le plus beau cadeau qu’elle lui ait fait est celui d’être devenue indépendante.
Mon fils est ma copie conforme, psychologiquement. Il est le plus grand tannant en classe, comme j’étais.
Je ne déroge jamais de qui je suis, j’ose toujours mieux et correctement et je gère ma vie personnelle et professionnelle avec la ferme conviction qu’il faut d’abord être heureuse19.

L'étude de cas complète
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  • Historique de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
  • Organigramme de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain 2004
  •  Organigramme de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain 2006
  •  Bref aperçu des activités professionnelles des membres du conseil d’administration de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain mentionnés dans le texte
  • Dossier Montréal
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  1. Un historique de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain figure à l’annexe 1.
  2. Membre de l’équipe de direction de CGI depuis 1990, Paule Doré occupe présentement le poste de vice-présidente exécutive et chef de la direction corporative. Paule Doré a commencé sa carrière en 1973 en qualité de journaliste économique et politique pour Radio-Canada à Toronto et Montréal. De 1980 à 1990, elle a exercé diverses fonctions de gestion au sein d’entreprises et d’organismes sans but lucratif. Elle a été directrice générale de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain avant de se joindre à CGI en 1990.
  3. Monique Vennat a été la première femme à devenir présidente du conseil d’administration de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Licenciée en droit, elle a œuvré notamment à la Compagnie des jeunes Canadiens, au Secrétariat d’État ainsi que chez Spencer Stuart à Montréal. Elle est aujourd’hui administrateur de plusieurs sociétés dont Provigo et National Trust.
  4. Les citations sont tirées d’une entrevue qu’Isabelle Hudon a accordée aux auteurs le 7 février 2006.
  5. L’INSEAD est une école internationale située à Fontainebleau en France et financée par certaines des grandes entreprises du monde.
  6. Sylvie Halpern, « Isabelle Hudon. Une femme d’idées et d’actions », Destination Centre-ville, Noël 2005.
  7. Laurent Lapierre et Jacqueline Cardinal, «Au service d’une cause », La Presse Affaires, 9 janvier 2006, p. 6. Voir l’annexe 3.
  8. Ibid.
  9. Monique Landry a milité activement pour le Parti progressiste conservateur au Québec dans les années 1970. Elle a représenté le comté de Blainville-Deux-Montagnes à la Chambre des Communes à titre de députée entre 1984 et 1993. Au cours de son mandat, elle a occupé plusieurs fonctions importantes dont celles de secrétaire parlementaire au Secrétariat d’État et au Commerce extérieur, de ministre aux Relations extérieures, de responsable de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Elle a également été ministre responsable du Québec au sein du cabinet du premier ministre Brian Mulroney.
  10. Monique Lefebvre agit actuellement comme psychologue spécialiste en coaching d’affaires, consultante en gestion stratégique pour des entreprises technologiques et administrateure de sociétés. Elle a récemment été reconnue par la Fédération de l’informatique du Québec comme l’un des 25 « Grands Bâtisseurs » des technologies de l’information au Québec. Monique Lefebvre compte de nombreuses années d’expérience dans des postes de haute direction. Elle a entre autres occupé les fonctions de présidente du comité de transition de la Ville de Montréal (janvier 2001 à janvier 2002), de vice-présidente, Québec Atlantique chez Ericsson Canada (1996 à 1998) et de présidente de Quebecor Multimédia (1996 à 1998).
  11. Jacques Parisien est avocat et a fait carrière depuis 1975 comme gestionnaire au sein de l’industrie des communications canadienne. Il travaille auprès d’Astral Media inc. depuis 1994 et y occupe, à l’heure actuelle, les fonctions de président d’Astral Media Radio et Astral Media Affichage. Il est également président du conseil de Tourisme Montréal et de la Fondation du maire de Montréal pour la jeunesse.
  12. L’Agence canadienne de développement international (ACDI) est l’organisme fédéral chargé de planifier et de mettre en oeuvre la majorité du programme canadien de coopération pour le développement. L’ACDI administre environ 80 % du budget de l’aide. Les 20 % restants sont administrés par le ministère des Finances, Affaires étrangères Canada et le Centre de recherches pour le développement international. L’ACDI appuie des projets dans plus de 150 pays, lesquels représentent les quatre cinquièmes de la population mondiale. L’ACDI œuvre en partenariat avec des pays en développement, des organisations, institutions et entreprises canadiennes, ainsi qu’avec des organisations et agences internationales. Site de l’ACDI : http://www.acdi-cida.gc.ca/index-f.htm.
  13. Benoit Labonté est, au moment de la rédaction du cas, maire de l’arrondissement Ville-Marie et membre du comité exécutif de la ville de Montréal responsable de la Culture, du Patrimoine, du Centre-ville et du Design.
  14. Le nouvel organigramme ainsi que celui qui a été modifié figurent en annexes 2 et 3.
  15. Ce symposium s’est déroulé au printemps 2002. Il était organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en collaboration avec le ministère des Affaires municipales et de la métropole.
  16. « Almost ready : how leaders move up ». Dan Ciampa, Harvard Business Review, janvier 2005.
  17. Plus de détails sur les activités professionnelles des membres du Conseil d’administration de la Chambre mentionnés dans ce papier figurent à l’annexe 4.
  18. Avec le soutien du Fonds Ville-Marie, la Chambre organise chaque année des rencontres par petits groupes entre des jeunes élèves du secondaire et des gens qui travaillent dans différents secteurs. Ces échanges permettent aux étudiants de se familiariser avec le fonctionnement et les exigences du marché du travail.
  19. Lapierre et Cardinal, op. cit.